Album, Littérature française (France), Livres, Mes coups de cœur

Contes de Bellécorce : L’Atelier Grand-Feuille de Mickaël Brun-Arnaud et Benjamin Lacombe

Contes de Bellécorce L'Atelier Grand-Feuille Mickaël Brun-Arnaud Benjamin Lacombe

Éditeur : L’Ecole des Loisirs
Pages : 56 pages
Parution : 7 octobre 2026
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

L’atelier Grand-Feuille est le premier opus de Mickaël Brun-Arnaud, magnifiquement illustré par Benjamin Lacombe, dans la collection Les contes de Bellécorce publiée par l’École des Loisirs.

L’histoire met en scène Walter, le dernier descendant de la famille d’artisans Grand-Feuille, qui hérite de la lourde tâche de reprendre l’atelier de jouets transmis par son grand-père Harold. Submergé par l’appréhension face à ces nouvelles responsabilités, Walter va peu à peu découvrir la valeur de l’héritage familial tout en apprenant à croire en lui-même.

L’album prend vie sous forme de lecture dessinée, accompagnée musicalement par Cécile Corbel et Simon Caby, pour une expérience artistique immersive et poétique.

 

Mon avis:

À l’atelier Grand-Feuille naissent les plus beaux jouets en bois de Bellécorce. Walter, un jeune daguet maladroit, y apprend le métier auprès de son grand-père Harold. Mais avec le temps, les gestes d’Harold ralentissent et la fatigue s’installe. Bientôt, Walter devra reprendre l’atelier familial et terminer seul une commande importante. Mais comment être à la hauteur d’un tel héritage ?

Avant de vous dévoiler mon avis sur cet album, j’ai juste envie de vous partager mon émotion quand j’ai vu la création de ce projet. Voir un auteur que j’admire depuis sa saga « Les mémoires de la forêt » et un illustrateur que je suis depuis tellement d’année… C’est comme la réalisation d’un rêve, d’autant plus magique en découvrant qu’il n’y en aura pas qu’un !

Avec cet album, Mickaël Brun-Arnaud nous offre un conte plein de tendresse et de poésie. Dès les premières pages, je me suis laissée emporter par cet univers. Walter est un personnage attachant. Il doute de ses capacités et craint de ne pas être à la hauteur de son grand-père. Pourtant, il va devoir apprendre à trouver sa propre voie. Car transmettre ne signifie pas reproduire les gestes de ceux qui nous précèdent. C’est aussi apprendre, prendre confiance en soi et oser faire les choses à sa manière. Derrière cette jolie histoire se cachent de beaux messages. sur la transmission, le temps qui passe, le deuil et l’héritage familial.

En lisant cette histoire, j’ai tout de suite pensé à une bande dessinée qui aborde ces thématiques et avec comme protagonistes, un grand père et son petit fils. Il s’agit de L’homme montagne de Séverine Gauthier et Amélie Fléchais. Je vous le conseille.

Concernant les illustrations, c’est un véritable régal pour les yeux ! J’ai aimé retrouver l’univers graphique de la saga Mémoire de la forêt avec la touche de Benjamin Lacombe. Après tout, on retourne dans la forêt de Bellécorce, lieu de l’intrigue de cette magnifique quadrilogie. Je me suis souvent arrêtée pour admirer les dessins. Chaque double page regorge de détails. Les illustrations apportent une véritable profondeur au récit. Elles prolongent les émotions et donnent vie à chaque scène.

En bref, la rencontre entre la plume de Mickaël Brun-Arnaud et le pinceau de Benjamin Lacombe fonctionne à merveille. Les mots et les images se complètent naturellement. Ensemble, ils donnent naissance à un conte aussi beau que mélancolique. Une pépite à lire de toute urgence !

 

note 5 étoiles

Album, Littérature française (France), Livres

La grande nuit de Biru de Jérémy Pailler

La grande nuit de Biru de Jérémy Pailler

Éditeur : Kaléidoscope
Pages : 48 pages
Parution : 6 mai 2026
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Biru était un petit gecko timide, qui menait une vie tranquille et monotone dans le creux d’une vieille statue. Il ne sortait que par nécessité, préférant rester à l’abri, loin du tumulte du monde.

Jusqu’à que ce que, un beau soir, la vénérable statue s’anime… et entraîne Biru dans une aventure inattendue !

 

Mon avis :

Biru est un gecko timide qui vit caché et en sécurité dans une vieille statue. Habitué au calme et à la routine, il évite tout ce qui pourrait le confronter au bruit ou aux rencontres. Mais cette tranquillité devient peu à peu une limite qui l’isole. Une nuit, tout bascule : la statue qui l’abrite prend soudainement vie et entraîne Biru hors de son refuge. Propulsé dans une aventure inattendue, il découvre un monde inconnu et plein de surprises.

Grâce à cette super épopée, Jeremy Pailler nous offre un album jeunesse sur la timidité et l’ouverture au monde. Avec beaucoup d’émotion et de douceur, on découvre Biru apprendre à s’ouvrir aux autres et à dépasser sa timidité, le tout sous le regard bienveillant et protecteur de la statue. Peu à peu, ce qui l’effrayait devient une source d’émerveillement. Cette nuit extraordinaire devient une véritable expérience de découverte de la richesse de la vie.

Encore un pari gagné, pour l’auteur qui nous livre une histoire si poétique et émouvante, ainsi que des illustrations qui nous emmène jusqu’en Asie. Une merveille.

note 4,5 étoiles

Album, Littérature française (France), Livres

L’éveil de la sirène de Sébastien Perez et Justine Brax

L'éveil de la sirène de Sébastien Perez et Justine Brax

Editeur: Albin Michel Jeunesse
Pages: 40 pages
Parution: 28 septembre 2024
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Depuis toujours, Aelys a appris à se méfier des humains, les ennemis ancestraux des sirènes. Mais quand vient l’heure du combat, elle se questionne : et si un autre chemin était possible ?
Sébastien Perez et Justine Brax donnent vie à une héroïne curieuse et intrépide, pour nous transmettre un merveilleux message de pardon et de paix.

 

Mon avis:

Aelys est une jeune sirène élevée dans la méfiance des humains. Ils sont considérés comme des êtres dangereux, héritage de vieilles traditions transmises de génération en génération. Un jour, Aelys observe un bateau et ressent une forme d’émerveillement face à ce monde inconnu. Peu à peu, elle commence à s’interroger sur les récits qu’on lui a imposés et les schémas de peur qu’elle a toujours reproduits. À travers cette remise en question, elle découvre qu’une autre voie est possible: celle du dialogue, de l’empathie et de la compréhension entre peuples autrefois opposés.

Librement inspiré du conte de La Petite Sirène de Hans Christian Andersen, les thèmes abordés restent forts et actuels: transmission des peurs, enfermement dans les traditions, capacité à remettre en question les récits hérités, ouverture à l’autre… Comme de temps en temps avec les récits courts, j’aurais aimé que l’histoire soit plus développée. Mais, il ne faut pas oublié le public à qui est destiné cet album. Les enfants ne ressentiront peut-être pas ce manque.

Concernant les illustrations, dès la couverture on est séduit par sa richesse visuelle. Cela nous donne envie de plonger dans les pages. Le monde sous-marin est magnifié par des compositions riches, des motifs inspirés de cultures diverses, rappelant des tatouages ou des ornements tribaux. Cela renforcent la profondeur du texte et le message d’inclusion passé. J’ai adoré admiré tous ces détails.

Comme dans leurs précédents albums, Sébastien Pérez et Justine Brax explorent des messages récurrents comme l’écoute et la tolérance. Ils savent traité à merveille les sujets et les mettre en scène. Je serais toujours au rendez-vous pour leur prochaines publications.

note 4 étoiles

L'éveil de la sirène de Sébastien Perez et Justine Brax

Album, Littérature française (France), Livres

L’Amoureux de Rébecca Dautremer

L'Amoureux Rébecca Dautremer

Éditeur : Gautier-Languereau
Pages : 32 pages
Parution : 5 février 2003
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Ernest n’arrête pas d’embêter Salomé.
Il lui tire les cheveux,
fait tomber ses lunettes exprès…
La maman de Salomé dit que, peut-être,
Ernest est amoureux d’elle.

Mais ca veut dire quoi, amoureux ?

Sur ce sujet, tous les copains
de Salomé sont bien renseignés
et chacun a son mot à dire:
amoureux, c’est…

 

Mon avis :

À l’école, Ernest passe son temps à embêter Salomé. Il lui tire les cheveux. Il attrape sa capuche. Il fait tomber ses lunettes. Salomé ne comprenait pas pourquoi il agissait ainsi. Elle raconte tout à sa maman. Elle lui explique que c’est peut-être sa façon d’attirer son attention. Peut-être même qu’il est amoureux. Amoureux ? Salomé ne savait pas vraiment ce que signifiait cette « moureux ».

Dans la cour de récréation, la question circule. Chacun a sa définition. Les réponses fusent. Être amoureux, est-ce que ça fait mal quand on tombe à « moureux » ? Est-ce que ça brûle le « coude-foudre » ? Peut-on l’être toute la vie ?

Cet album est un véritable petit bonheur de lecture. Il adopte un ton naïf et enfantin pour explorer un sujet pourtant complexe : l’amour. Inspiré de ce qu’ils ont observé ou entendu, chacun donne des explications rocambolesques. On y découvre toute la richesse de leur imagination.

Concernant les illustrations, elles sont tout simplement superbes. J’admire le travail tout en finesse de Rebecca Dautremer. A chaque page, on ressent la poésie du texte. La palette de couleur est forcément dominée par des rouges, des roses et enrichie d’une foule de petits détails.

Un album poétique et touchant, véritable ode à la douceur de l’enfance. Un ouvrage à recommander autant aux plus jeunes qu’aux grands enfants.

Album, Littérature française (France), Livres

La Belle et la Bête de Jérémy Pailler

La Belle et la Bête Jérémy Pailler

Éditeur : Kaléidoscope
Pages : 44 pages
Parution : 9 octobre 2024
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Il était une fois un prince arrogant et cruel qu’un sortilège métamorphosa en bête repoussante. Sous l’effet de cette magie, le prince perdit tout ce qu’il possédait et fut condamné à rester prisonnier de son palais. Il ne recouvrirait sa liberté que s’il apprenait à aimer…

 

Mon avis :

Jérémy Pailler nous propose une réécriture d’un classique de la littérature française, La Belle et la Bête. L’histoire est certes connue, mais elle prend ici une dimension nouvelle.

Ici, les personnages inventés par Mme Leprince de Beaumont sont incarnés par des souris. L’histoire met avant tout la relation entre la Belle et la Bête et apporte une belle leçon d’acceptation de l’autre tel qu’il est. Bien que le texte soit volontairement court, chaque page invite à la rêverie et m’a ému. J’ai particulièrement aimé la fin qui apporte un sens plus profond et plus mature que le traditionnel «ils vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants».

L’univers graphique est absolument envoûtant. Les illustrations, délicates et détaillées, nous plongent dans une ambiance onirique et presque hors du temps. Le camaïeu de couleur donne une atmosphère sombre et romantique, renforçant la poésie de l’ensemble.

En bref, une adaptation sublime d’un conte légendaire et que sait se démarquer de l’œuvre originale.

note 4,5 étoiles