Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Billy Symphony de David Périmony

Billy symphony David Périmony

Éditeur : de la Gouttière
Pages : 104 pages
Parution : 17 janvier 2020
Genre: Historique

 

L’histoire:

Le jour où le jeune Billy aperçoit un saxophone dans une vitrine, c’est le coup de foudre. Sans un sou en poche, il va devoir redoubler d’efforts pour tenir enfin l’instrument entre ses mains ! Commence alors un long chemin vers le rêve d’une carrière de musicien… Les débuts sont laborieux. Billy persiste, s’entraîne à jouer, mais rien n’y fait. Heureusement, son destin croise celui d’un petit oiseau, qui se niche au creux du saxophone et le fait bientôt résonner de son harmonieuse mélodie ! Recrutés par le cupide directeur d’un club de jazz, les deux compagnons se lancent sur scène.
Soir après soir, concert après concert, la fatigue se fait sentir… Épris de liberté, le petit oiseau aimerait de nouveau s’envoler… L’amitié qui unit les deux héros résistera-t-elle à l’attrait des billets verts et à la soif d’ambition ?

 

Mon avis :

Billy rêve de posséder un saxophone aperçu dans la vitrine d’un magasin de musique. Sans argent mais déterminé, il travaille pour obtenir l’instrument tant convoité. Une fois son objectif atteint, il s’installe dans le calme du bayou pour apprendre à jouer. Ses débuts sont loin d’être glorieux : les notes qu’il produit font fuir les animaux. Le destin intervient lorsqu’un nid tombe accidentellement dans son saxophone. Un œuf éclot et laisse apparaître un petit oiseau dont le chant mélodieux va bouleverser la vie de Billy. Entre les deux compagnons naît une amitié sincère qui les conduira bien au-delà de ce qu’ils avaient imaginé.

L’une des particularité de cette bande dessinée est de raconter toute l’histoire sans le moindre dialogue. Cette absence de texte m’a déstabilisée au début. Toutefois, grâce à une mise en scène particulièrement lisible et à l’expressivité des personnages, on parvient comprend l’histoire. Les illustrations très soignées deviennent un véritable langage.

L’album raconte avant tout une quête personnelle : celle d’un jeune homme cherchant à réaliser son rêve et à trouver sa place dans le monde. Au fil des pages, Billy découvre que le talent, la célébrité et l’argent ne vont pas toujours de pair avec le bonheur. L’amitié entre Billy et le petit oiseau constitue le cœur émotionnel de la bande dessinée. Leur relation évolue au fil des pages et symbolise l’importance de la confiance, du partage et du respect mutuel.

En bref, une lecture qui restera marquant grâces à des dessins somptueux, uns narration muette maîtrisée et des personnages profondément attachants. Cela me donne envie de découvrir les autres publications de l’auteur.

note 4 étoiles

Bande dessinée, Livres

Brontëana de Paulina Spucches

Brontëana Paulina Spucches

Éditeur : Steinkis
Pages : 224 pages
Parution : 31 août 2023
Genre: Biographie

 

L’histoire:

Les sœurs Brontë ont marqué, avec leurs romans, l’histoire du XIXe siècle.
Plus exactement Emily et Charlotte Brontë sont célébrées et mondialement reconnues. Leur cadette, Anne, est souvent oubliée, au mieux décrite comme la plus sensible des trois.
Prisonnière d’un monde qui a toujours attendu d’elle quiétude et douceur, Anne a pourtant fait fi des mises en garde de ses aînées, prenant le risque d’écrire et de laisser jaillir sa propre voix…
Biographie fictionnelle, Brontëana donnera une belle place à l’imaginaire des soeurs, qui s’inventaient des mondes parallèles à travers des jeux de rôles d’écriture.

 

Mon avis :

Ce roman graphique retrace la vie des célèbres sœurs Brontë, tout en accordant une place centrale à Anne Brontë, la benjamine, souvent moins connue que Charlotte Brontë ou Emily Brontë. Entre l’enfance passée dans le presbytère d’Haworth, les mondes imaginaires inventés avec son frère et ses sœurs, les débuts comme gouvernante et la naissance de leurs œuvres littéraires, le livre explore le destin de cette famille hors du commun.

Il revient également sur les débuts littéraires difficiles des trois sœurs. Afin d’être publiées, Charlotte, Emily et Anne Brontë adoptèrent des pseudonymes masculins. Derrière Currer, Ellis et Acton Bell se cachait la volonté de femmes refusant d’abandonner l’écriture malgré les obstacles imposés à leur condition.

Une grande place est accordée à l’enfance des Brontë et à leurs univers imaginaires. Charlotte et Branwell inventent le royaume d’Angria tandis qu’Emily et Anne développent Gondal. Ces mondes fictifs, nourris de récits, de poèmes et de jeux d’écriture, témoignent déjà de la créativité de la fratrie.

Visuellement, l’ouvrage est très beau avec des couleurs vives. Je n’ai juste pas été charmée par toutes les illustrations. J’aime quand il y a plus de détails et des contours.

Cette lecture a ravivé mon envie de me replonger dans les romans des sœurs Brontë, mais aussi de découvrir davantage leurs poèmes et leurs écrits moins connus et que je ne connais pas.

note 4 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Sois femme et tais-toi : Dans l’œil de Delphine Seyrig de Nina Almberg et Arianna Melone

Sois femme et tais-toi : Dans l’œil de Delphine Seyrig Nina Almberg et Arianna Melone

Éditeur : Steinkis
Pages : 152 pages
Parution : 29 janvier 2026
Genre: Contemporain

 

L’histoire:

Ma mère aussi, ce qu’elle préfère, c’est la mère…

À la fin des années 1960, Delphine Seyrig est une actrice reconnue dans le cinéma français. Elle joue avec Alain Resnais, François Truffaut ou encore Jacques Demy. Sa parole compte et elle décide de s’engager dans la cause féministe. Ce n’est pas du goût de sa mère, Hermine de Saussure, avec qui elle entretient une relation distante. Mais à la lecture de vieilles lettres, Delphine découvre qu’elle était capitaine de bateau, rêvant de faire le tour du monde avec son amie Ella Maillart. Alors qu’elle comprend ce qui a empêché sa mère de poursuivre ses rêves, Delphine prend la caméra et réalise Sois belle et tais-toi (1981). En réfléchissant à sa place d’actrice, de fille et de mère, Delphine parvient peu à peu à mettre des mots et des images sur la condition des femmes.

 

Mon avis:

Ce roman graphique retrace les destins de Delphine Seyrig et de sa mère, Hermine de Saussure.

À la fin des années 1960, Delphine Seyrig est une figure incontournable du cinéma français. Pourtant, elle choisit de rompre avec les rôles traditionnels assignés aux femmes et s’engage pleinement dans les luttes féministes. En travaillant sur un projet donnant la parole aux actrices, Delphine Seyrig se plonge dans le passé de sa mère. Elle découvre une femme bien différente de celle qu’elle pensait. Navigatrice passionnée dans les années 1920, Hermine a pourtant dû renoncer à ses rêves pour se conformer aux attentes sociales. Le récit met en parallèle ces deux parcours, révélant un héritage invisible entre mère et fille, entre révolte et renoncement.

Le choix de faire dialoguer les deux trajectoires donne au récit une dimension intime et touchante. Cependant, les allers-retours constants entre passé et présent m’ont parfois désorienté. Par moment, je me suis retrouvée perdue en me demandant si c’était le parcours de Delphine Seyrig ou celui de Hermine de Saussure. Heureusement que les illustrations étaient là pour me guider. Toutefois, j’ai adoré découvrir les destins de ces deux femmes, que j’avoue, je ne connaissais pas. A la fin du roman graphique, il y a une mini biographie et des références pour poursuivre la découverte.

Du côté des illustrations, j’ai été sous le charme du travail d’Arianna Melone qui apporte une vraie douceur. Les traits fins et les couleurs pastel évoquent des carnets de voyage. Cela renforce le double parcours : un voyage sur les mers pour Hermine de Saussure, et un voyage mémoriel pour Delphine Seyrig.

En bref, un roman graphique qui propose une réflexion sur la condition féminine à travers deux générations. Entre rêves contrariés et combats assumés, il met en lumière les liens invisibles entre une mère et sa fille. Il interroge aussi sur la difficulté de comprendre et de transmettre.

note 3,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Le match du siècle de Julie Billault et Sébastien Piquet

Le match du siècle de Julie Billault et Sébastien Piquet

Éditeur : Dupuis
Pages : 176 pages
Parution : 6 mars 2026
Genre: Contemporain

 

L’histoire:

23 mars 1920.

Plus de 60 000 supporters se pressent aux abords du Goodison Park à Liverpool pour un match qui s’annonce légendaire. Au-delà d’une victoire, c’est une reconnaissance que les joueuses viennent chercher sur le terrain : celle de leur place dans la société.Cinq ans plus tôt, Katie et les autres débutent leur emploi d’ouvrières pour pallier l’absence des hommes, mobilisés. Sur leur temps de pause, comme eux avant, elles jouent au ballon.

Elles y jouent bien. Très bien même. Gagnées par la passion du football, elles en font leur métier. Match après match, leur talent et leur notoriété se développent jusqu’à inquiéter les autorités anglaises, qui finissent par leur interdire la pratique de ce sport. Mais c’était compter sans la force et la détermination de ces joueuses au destin incroyable. Le match du siècle , c’est l’histoire d’une mise au ban.

C’est surtout l’histoire d’une émancipation.

 

Mon avis:

En Angleterre, pendant la Première Guerre mondiale, les hommes partis au front laissent place aux femmes dans les usines. Pendant leurs pauses, elles découvrent le football. Ce qui n’était au départ qu’un simple loisir devient rapidement une véritable passion.

Face aux besoins financiers liés à la guerre, une idée émerge : organiser des matchs pour récolter des fonds. Avec le soutien de leur usine, elles créent une équipe, les Newton Ladies. Leur succès dépasse toutes les attentes. Elles attirent des milliers de spectateurs. Mais dans une société très conservatrice, cette popularité dérange. Malgré leur talent et leur détermination, les autorités finiront par freiner leur ascension, marquant un tournant dans l’histoire du football féminin.

Ce roman graphique est inspirée du Dick Kerr’s Ladies Football Club, le premier club de football féminin anglais. Même si je ne suis pas une fan de football et que je n’y connais rien, j’ai grandement aimé découvrir l’histoire du combat de ces femmes. Je me suis attachée rapidement aux personnages, à leur courage et à leur détermination. Au delà du cadre sportif, ce sont des thématiques fortes qui sont développées: l’émancipation des femmes, la solidarité et l’amitié, et la lutte pour la reconnaissance.

Du côté des illustrations, j’avoue que je n’ai pas été séduite. Je soulignerais tout de même que les visages des personnages sont particulièrement expressifs et reflètent à merveilles les émotions.

A la fin de l’ouvrage, on retrouve tout un dossier documentaire sur le football féminin anglais. J’aime grandement quand les éditeurs proposent ce genre de contenu. Ce fut très intéressant.

En bref, ce roman graphique rend hommage à des femmes longtemps oubliées et rappelle que le football féminin est le fruit d’un long combat. A mettre entre toutes les mains, et pas seulement que pour les fans de ce sport.

note 4,5 étoiles

 

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Jeune fille en Dior d’Annie Goetzinger

Jeune fille en Dior
Annie Goetzinger

Éditeur : Dargaud
Pages : 127 pages
Genre: Biographie

 

L’histoire:

12 février 1947

Le Tout-Paris se presse avenue Montaigne pour assister au premier défilé d’un certain Christian Dior. Épaules arrondies, tailles cintrées et longues jupes corolles, ce New Look lance la carrière du couturier de génie.

À travers le regard de Clara, jeune chroniqueuse férue de mode, Annie Goetzinger nous emmène dans les coulisses de la maison Dior, devenue depuis un emblème de l’élégance parisienne.

 

Mon avis :

Clara Nohant est jeune chroniqueuse de mode, qui assiste à son premier défilé chez Dior. De cette rencontre naît une relation particulière avec le couturier. Elle devient mannequin au sein de la maison et l’une des célèbres « jeunes filles ».

À travers ses yeux, on découvre l’univers de Dior. Non seulement sur le podium, mais surtout dans les coulisses, aux côtés de ses « quatre chéries » qui ont fait rayonner la maison à l’international, et de toute l’équipe qui rend les créations possibles. Au fil des pages, j’ai pu en apprendre plus sur le couturier. On nous relève notamment qu’il puisse son inspiration dans la campagne, au Moulin de Coudret à Fontainebleau. On y découvre un homme bon, généreux mais solitaire.

Ce roman graphique n’est pas une biographie sur Christian Dior, mais un hommage à son travail et à tous ceux qui travaillent dans l’ombre. L’auteure retrace son parcours, de son premier défilé à sa mort. Pour information, Clara est le seul personnage fictif de l’histoire.

Du côté des illustrations, elle révèlent le luxe et la beauté de ce milieu. Elles sont raffinées et captent la finesse des tissus, la grâce des silhouettes et le raffinement des coiffures, offrant un vrai plaisir pour les yeux.

L’ouvrage est enrichi d’un glossaire et de nombreuses annexes. Il explique les métiers, les tissus et accessoires, facilitant la compréhension de l’univers de la haute couture.

Ce roman graphique est d’une grande élégance, immersion dans la haute couture et admiration pour le travail de Christian Dior.

note 4,5 étoiles