Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre

Chaque jour Dracula de Loïc Clément et Clément Lefèvre

Éditeur : Delcourt Jeunesse
Pages : 34 pages
Parution : 25 avril 2018
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Le jeune Dracula appréhende d’aller à l’école car quelques-uns de ses camarades de classe se moquent de lui à cause de certaines de ses particularités qui le rendent différent.
Un soir, il décide d’en parler à son père

 

Mon avis:

Tout le monde connaît Dracula, le célèbre vampire des légendes et du cinéma. Mais qui aurait imaginé que le grand buveur de sang ait un jour été victime de harcèlement scolaire ?

Derrière son teint pâle, ses dents pointues et son vocabulaire soutenu, Dracula est un élève modèle, intelligent et cultivé. Mais ces différences font de lui la cible idéale de Christophe et de ses camarades. Trop différent, trop bizarre : autant de raisons qui transforment sa vie en un véritable enfer. Convaincu qu’il est responsable de ce qui lui arrive, Dracula se renferme sur lui-même. Mais le silence finit par peser. Il se confie à son père qui comprend la gravité de la situation. Ensemble, ils vont apprendre à mettre des mots sur son mal-être et à lui redonner confiance en lui.

À travers cette histoire, Loïc Clément explore avec une grande sensibilité le sentiment d’impuissance, de honte et de culpabilité que ressentent les victimes. Elle transmet un message d’espoir et de résilience. En choisissant Dracula comme héros, les rôles sont inversés: le monstre devient la victime, et les véritables monstres sont ceux qui rabaissent, frappent et excluent. J’ai grandement aimé l’intervention du père de Dracula, qui je trouve, soutient et accompagne parfaitement son fils dans cette épreuve.

Je noterais tout de même que je suis déçue par la fin de l’ouvrage. Une sélection de portrait de vampires célèbre est proposé. J’ai trouvé ça très déplacé d’en présenté un qui s’est suicidé suite à son mal-être…

 

note 4,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Mon Papy Titanic, tome 1 de Falzar et Marco Paulo

Mon Papy Titanic, tome 1 de Falzar et Marco Paulo

Éditeur : Bamboo
Pages : 48 pages
Parution : 29 mars 2023
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Rose va grandir bien plus vite qu’elle ne le pense…
Les parents de Rose n’arrêtent pas de se disputer. À tel point qu’elle a décidé d’aller vivre chez son grand-père à trois maisons de là. Et elle ne reviendra chez elle que quand elle aura grandi et atteint la marque sur la toise dans l’ancienne chambre de sa maman. Voilà qui est dit ! Mais la vie avec son papy, vieux monsieur solitaire aux habitudes fantasques et fan du Titanic dont il reconstitue la maquette, au moindre câble près, ne va pas être aussi apaisée que Rose l’imagine. Entre moments tendres et situations cocasses, Rose va découvrir une existence tout aussi mouvementée que chez ses parents.

 

Mon avis :

Cette bande dessinée raconte l’histoire de Rose, une petite fille qui décide de quitter le domicile familial, lassée des disputes de ses parents. Elle trouve refuge chez son grand-père, surnommé « Papy Titanic » pour sa passion de la maquette du célèbre paquebot qu’il reconstruit. Ce grand-père, solitaire et marqué par le deuil, voit son quotidien chamboulé par son arrivée. Cela l’oblige à revoir ses habitudes et ses priorités.

Au fil des pages, on découvre leur nouvelle vie commune, faite d’aventures parfois cocasses et de moments profondément tendres. Ensemble, ils partagent des passions, échangent sur leur passé et s’offrent un soutien mutuel. Sous ses airs légers et humoristiques, le récit aborde des sujets sensibles : le poids des conflits familiaux sur les enfants, la solitude et l’isolement des personnes âgées, les différences générationnelles, mais aussi le travail de deuil.

Les dessins de Marco Paulo accompagnent à merveille l’atmosphère douce et chaleureuse de l’histoire.

Entre poésie, bienveillance et humour, cette BD est un ode aux relations intergénérationnelles. A conseiller autant pour les enfants que les adultes.

note 4 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Love story à l’iranienne de Zac Deloupy et Jane Deuxard

Love story à l'iranienne Zac Deloupy et Jane Deuxard

Éditeur : Delcourt
Pages : 144 pages
Parution : 13 Janvier 2016
Genre: Bande Dessinée

 

L’histoire:

Les jeunes Iraniens rêvent-ils encore d’en finir avec le régime ? Comment se rencontrer dans cette société qui ne le permet jamais ? Comment flirter ? Comment choisir sa femme ou son mari ? Malgré la tradition, malgré le régime. Des journalistes ont interviewé clandestinement de jeunes Iraniens pour donner un éclairage politique et social. Comment échapper à la police pour vivre sa love story ?

 

Mon avis: 

Ce roman graphique documentaire propose une enquête immersive dans l’Iran d’aujourd’hui, où aimer peut-être un acte de résistance.

À travers des entretiens menés par deux journalistes dans plusieurs villes d’Iran, on découvre les témoignages bouleversants de jeunes de 20 à 30 ans. Ces récits, souvent recueillis dans la clandestinité, révèlent une réalité marquée par le poids des traditions dans une société patriarcale où les mères, les belles-mères, la police des mœurs et les gardiens de la révolution exercent un pouvoir sur la vie intime. Les femmes n’ont aucun contrôle de leur corps, leur virginité, leur parole et leurs gestes.

Face à cet environnement oppressant, les jeunes doivent mettre en place des ruses pour détourner les interdits.  Ils expriment leur désillusion envers le régime, mais aussi envers leurs propres familles, porteuses de traditions qui perpétuent les oppressions.

Au-delà des histoires d’amour, de nombreux commentaires sur l’histoire politique de l’Iran sont présents dans l’ouvrage. J’ai mieux compris la situation actuelle, notamment sur la révolution de 1979, la répression de la révolution verte en 2009 et le régime des ayatollahs. Ces explications étaient plus que nécessaire pour comprendre les témoignages.

Du côté du graphisme, il est assez simple. Le sujet étant tellement fort, on est ainsi plus concentré sur le récit. Dès fois des illustrations peuvent nous faire rigoler face à l’absurdité de certaines situations.

Un ouvrage bouleversant qui permet de mieux comprendre ce à quoi fait face la jeunesse iranienne qui rêve d’émancipation, parfois au prix de l’exil.

 

note 4,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Les Damnés du grand large de Kristof Mishel et Beatrice Penco Sechi

Les Damnés du grand large de Kristof Mishel et Beatrice Penco Sechi

Éditeur : Drakoo
Pages : 56 pages
Parution : 10 août 2022
Genre: Fantastique

 

L’histoire:

« Je colporte la plus étrange histoire qu’il vous ait été donné d’entendre, je vous l’échange contre un repas. » Il y a deux cents ans, un curieux voyageur fit résonner une taverne d’un inquiétant récit. Celui d’un navire pris dans la tourmente de meurtres inexplicables. Celui de cadavres de marins marqués d’un signe obscur, et d’un équipage terrorisé. Celui d’un jeune mousse au carnet rempli de monstres, qui semblait tout connaître des forces effroyables qui régissaient les eaux où le vaisseau s’était aventuré. Mais l’auditoire ne pouvait prévoir que derrière le récit fascinant du conteur se cachait quelque chose de plus sinistre que la mort elle-même…

 

Mon avis:

En 1809, un conteur fait le tour des auberges et tavernes pour raconter son histoire qui en déroute plus d’un. A bord du navire marchand, l’Alicante, on suit l’aventure d’un jeune mousse, nommé par l’équipage, le rêveur. Toujours accroché à son carnet, il dessine et écrit ce qui se passe à bord de ce bateau maudit. L’ambiance est sombre, surnaturelle et sanglante. La folie et la mort s’emparent des marins. Une succession de corps sont retrouvés avec une mystérieuse marque A sur leurs fronts… Que cache cette diablerie…

Entre allers retours à la taverne et à bord du navire, je suis captivée par le récit à huis clos qui nous est conté. Angoissant et captivant, seul le jeune garçon semble avoir les clés de cette barbarie. La conclusion nous révèle la raison de tous ces meurtres. Et quelle surprise d’en découvrir l’origine. Pour une première bande dessinée, l’auteur nous montre son grand talent.

Concernant les illustrations, elles retransmettent à merveille les émotions que l’on ressent au fil des pages. Les traits sont fins et tout aussi ensorcelant que l’histoire.

Un one-shot qui a su me tenir en haleine et tellement riche en rebondissements.

note 4,5 étoiles

Bande dessinée, Jeunesse, Littérature française (France), Livres

Akki : Le clan disparu de Pierre-Emmanuel Dequest

Akki  Le clan disparu de Pierre-Emmanuel Dequest

Éditeur : Sarbacane
Pages : 48 pages
Parution : 5 Octobre 2016
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Terrés dans des huttes balayées par un vent glacé, tenaillés par la faim depuis que les grands troupeaux de rennes ont disparu, les derniers survivants du clan des steppes désespèrent. Akki, orphelin malicieux et intrépide, et Olma, la vieille chamarre, décident de partir seuls, contre l’avis de tous, pour trouver la nourriture qui sauvera le clan. Commence alors un fascinant voyage, à travers les toundras inexplorées de la préhistoire…

 

Mon avis:

Au cœur de la préhistoire et en pleine période glacière, un clan se bat pour sa survie. Les rennes se font rares et la famine commence à s’installer. Olma, la chamane, propose à son peuple d’aller jusqu’à la fameuse grotte au poisson gravé, pour trouver un nouveau moyen de subsistance. Cette idée n’enchante personne. D’autant plus que ce lieu est tiré d’une comptine chantée par Akki, l’enfant trouvé et rejeté par la tribu. N’ayant pas d’autre solution, Olma et Akki partent seul vers le clan disparu, les origines de Akki.

Cette bande dessinée est très touchante tout en évoquant une période dure de l’Histoire. Au fil de l’aventure, on voit naitre des liens forts entre Olma et Akki. Cet apprenti pécheur et explorateur attire l’admiration d’Olma, qui le voit comme son fils adoptif. J’ai bien aimé l’insertion du mammouth, qui m’a forcément fait penser à L’âge de glace.
L’histoire est certes courte, mais elle se conclut par de beaux messages portés à la jeunesse.

Du côté des illustrations, nos personnages ont l’apparence d’ours blancs. Les paysages à l’aquarelle sont superbes. On ressent l’ambiance hivernale et froide, tout en ayant quelques moments réconfortants.

 

note 4 étoiles