Historique, Littérature anglaise (Angleterre), Livres

Le cercle littéraire des amoureux de Jane Austen de Natalie Jenner

Le cercle littéraire des amoureux de Jane Austen de Natalie Jenner

Éditeur : Hauteville
Pages : 384 pages
Parution : 16 août 2023
Genre: Historique

 

L’histoire:

Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, une nouvelle bataille s’engage dans le petit village anglais de Chawton, qui fut la dernière résidence de Jane Austen. Son domaine s’étiole et risque d’être vendu au plus offrant… Lorsque Mimi, actrice hollywoodienne glamour, croise le chemin d’Adam, un jeune fermier désœuvré, commence une aventure qui poussera huit inconnus hantés par leur passé à se retrouver autour de leur passion pour Jane Austen. Alors que tout semble les opposer, ils allient leurs forces pour tenter l’impossible : sauver la maison de leur romancière bien-aimée. Ses écrits pourront-ils en retour changer la vie de ce cercle littéraire atypique ?

 

Mon avis :

En 1945, dans le village anglais de Chawton où Jane Austen vécut plusieurs années et écrivit plusieurs de ses chefs-d’œuvre, un petit groupe de passionnés s’inquiète pour l’avenir de son héritage. Alors que les biens de l’un des derniers descendants de la famille Austen risquent d’être dispersés, huit personnes que tout semble opposer décident d’unir leurs forces pour préserver la mémoire de la célèbre romancière.

Parmi eux se trouvent une actrice, un médecin, une ancienne institutrice veuve de guerre, un commissaire-priseur, un fermier, une domestique, un notaire et une fille issue d’une famille aristocratique. Tous partagent la même admiration pour Jane Austen. Cette passion commune va peu à peu les rapprocher, leur permettre de surmonter leurs blessures et donner naissance à un projet ambitieux : créer une société dédiée à la préservation de l’héritage de leur autrice préférée.

Au fil des pages, on fait connaissance avec des personnages attachants dont chacun possèdent son histoire, ses blessures et ses espoirs. Tous ont été marqués par les épreuves de la vie, et par la Seconde Guerre mondiale. A fur et à mesure, leurs relations évoluent, des amitiés se nouent et chacun trouve auprès des autres un soutien inattendu.

J’ai grandement aimé leur débat autour de l’œuvre de Jane Austen. Ils échangent régulièrement sur leurs héroïnes préférées, débattent des qualités d’Emma Woodhouse ou des choix d’Elizabeth Bennet.

J’ai passé un bon moment en compagnie de ces amoureux de Jane Austen. Même si certain passages sont longs et prévisibles.

Si le récit est une œuvre de fiction, il s’inspire d’un contexte réel : la création de la première Jane Austen Society et la sauvegarde du cottage de Chawton. A noter que les protagonistes et leur parcours sont totalement inventés.

note 4 étoiles

Littérature anglaise (Angleterre), Livres, Romance, Romance historique

Les Demoiselles d’Oxford Street, tome 1 : L’ouverture du grand magasin de Rosie Clarke

Les Demoiselles d'Oxford Street, tome 1 : L'ouverture du grand magasin de
Rosie Clarke

Éditeur : Archipoche
Pages : 339 pages
Parution : 13 mars 2025
Genre: Romance historique

 

L’histoire:

En ce mois de mars 1912, le Tout-Londres frissonne en attendant l’événement de l’année. Harpers, un grand magasin pouvant rivaliser avec la célèbre maison Harrods, va bientôt ouvrir ses portes sur Oxford Street.
Pour l’heure, Harpers recrute son personnel et les candidates se bousculent. Sally, Beth, Maggie et Rachel font connaissance lors de leurs entretiens d’embauche.
Toutes quatre ont la chance d’être recrutées. L’aventure Harpers peut commencer pour ces petites mains, qui vont devenir demoiselles de magasin.
>Entre peines de cœur et coups du destin, petites joies et grands espoirs, Rosie Clarke nous entraîne dans le quotidien de ces jeunes femmes déterminées à réussir, bientôt soudées par une amitié indéfectible.

 

Mon avis :

En mars 1912, à Londres, l’ouverture du grand magasin Harper’s fait sensation. Situé sur Oxford Street, cet établissement veut rivaliser avec les plus grandes enseignes, à commencer par Harrods. Dans ce contexte, plusieurs jeunes femmes se présentent aux entretiens d’embauche et voient leur vie basculer. Sally, Beth, Maggie et Rachel, issues de milieux très différents, sont toutes recrutées comme vendeuses au rayon accessoires de mode. Très vite, elles apprennent à se connaître et à travailler ensemble. Entre débuts professionnels, amitiés naissantes et épreuves personnelles, leurs destins s’entrelacent dans le décor fascinant des grands magasins londoniens.

Au fil des pages, on apprend à faire la connaissance avec nos quatre héroines qui forment un groupe soudé. Beth a dû renoncer à ses études après la mort de son père et doit subvenir aux besoins de sa mère malade. Maggie fait face aux conséquences de l’accident grave de son père. Sally, orpheline, arrive avec un passé marqué par le harcèlement dans un précédent emploi. Rachel, veuve et expérimentée, joue un rôle de repère bienveillant et s’engage dans les débuts du féminisme. Leurs trajectoires personnelles permettent d’aborder des thèmes comme la précarité, la maladie, le deuil ou encore la condition féminine au début du XXe siècle.

En pareille, le roman nous ouvre les coulisses des grands magasins: recrutement du personnel, organisation des rayons, mise en scène des vitrines et art de séduire la clientèle. J’ai pensé directement au roman Au Bonheur des Dames d’Emile Zola. Quel plaisir d’entrer dans cet univers.

J’aurais passé un bon moment de lecture avec ce roman, mais le contenu reste léger. Par exemple, il y a eu plusieurs discours sur l’émancipation des femmes, les inégalités sociales ou encore les violences professionnelles qui ne sont qu’effleurés. J’aurais aimé que se soit plus développée. Toutefois, la lecture fut vraiment plaisante, les personnages attachants et le cadre des grands magasins immersif. J’en garde un très bon souvenir.

note 3,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Sois femme et tais-toi : Dans l’œil de Delphine Seyrig de Nina Almberg et Arianna Melone

Sois femme et tais-toi : Dans l’œil de Delphine Seyrig Nina Almberg et Arianna Melone

Éditeur : Steinkis
Pages : 152 pages
Parution : 29 janvier 2026
Genre: Contemporain

 

L’histoire:

Ma mère aussi, ce qu’elle préfère, c’est la mère…

À la fin des années 1960, Delphine Seyrig est une actrice reconnue dans le cinéma français. Elle joue avec Alain Resnais, François Truffaut ou encore Jacques Demy. Sa parole compte et elle décide de s’engager dans la cause féministe. Ce n’est pas du goût de sa mère, Hermine de Saussure, avec qui elle entretient une relation distante. Mais à la lecture de vieilles lettres, Delphine découvre qu’elle était capitaine de bateau, rêvant de faire le tour du monde avec son amie Ella Maillart. Alors qu’elle comprend ce qui a empêché sa mère de poursuivre ses rêves, Delphine prend la caméra et réalise Sois belle et tais-toi (1981). En réfléchissant à sa place d’actrice, de fille et de mère, Delphine parvient peu à peu à mettre des mots et des images sur la condition des femmes.

 

Mon avis:

Ce roman graphique retrace les destins de Delphine Seyrig et de sa mère, Hermine de Saussure.

À la fin des années 1960, Delphine Seyrig est une figure incontournable du cinéma français. Pourtant, elle choisit de rompre avec les rôles traditionnels assignés aux femmes et s’engage pleinement dans les luttes féministes. En travaillant sur un projet donnant la parole aux actrices, Delphine Seyrig se plonge dans le passé de sa mère. Elle découvre une femme bien différente de celle qu’elle pensait. Navigatrice passionnée dans les années 1920, Hermine a pourtant dû renoncer à ses rêves pour se conformer aux attentes sociales. Le récit met en parallèle ces deux parcours, révélant un héritage invisible entre mère et fille, entre révolte et renoncement.

Le choix de faire dialoguer les deux trajectoires donne au récit une dimension intime et touchante. Cependant, les allers-retours constants entre passé et présent m’ont parfois désorienté. Par moment, je me suis retrouvée perdue en me demandant si c’était le parcours de Delphine Seyrig ou celui de Hermine de Saussure. Heureusement que les illustrations étaient là pour me guider. Toutefois, j’ai adoré découvrir les destins de ces deux femmes, que j’avoue, je ne connaissais pas. A la fin du roman graphique, il y a une mini biographie et des références pour poursuivre la découverte.

Du côté des illustrations, j’ai été sous le charme du travail d’Arianna Melone qui apporte une vraie douceur. Les traits fins et les couleurs pastel évoquent des carnets de voyage. Cela renforce le double parcours : un voyage sur les mers pour Hermine de Saussure, et un voyage mémoriel pour Delphine Seyrig.

En bref, un roman graphique qui propose une réflexion sur la condition féminine à travers deux générations. Entre rêves contrariés et combats assumés, il met en lumière les liens invisibles entre une mère et sa fille. Il interroge aussi sur la difficulté de comprendre et de transmettre.

note 3,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Le match du siècle de Julie Billault et Sébastien Piquet

Le match du siècle de Julie Billault et Sébastien Piquet

Éditeur : Dupuis
Pages : 176 pages
Parution : 6 mars 2026
Genre: Contemporain

 

L’histoire:

23 mars 1920.

Plus de 60 000 supporters se pressent aux abords du Goodison Park à Liverpool pour un match qui s’annonce légendaire. Au-delà d’une victoire, c’est une reconnaissance que les joueuses viennent chercher sur le terrain : celle de leur place dans la société.Cinq ans plus tôt, Katie et les autres débutent leur emploi d’ouvrières pour pallier l’absence des hommes, mobilisés. Sur leur temps de pause, comme eux avant, elles jouent au ballon.

Elles y jouent bien. Très bien même. Gagnées par la passion du football, elles en font leur métier. Match après match, leur talent et leur notoriété se développent jusqu’à inquiéter les autorités anglaises, qui finissent par leur interdire la pratique de ce sport. Mais c’était compter sans la force et la détermination de ces joueuses au destin incroyable. Le match du siècle , c’est l’histoire d’une mise au ban.

C’est surtout l’histoire d’une émancipation.

 

Mon avis:

En Angleterre, pendant la Première Guerre mondiale, les hommes partis au front laissent place aux femmes dans les usines. Pendant leurs pauses, elles découvrent le football. Ce qui n’était au départ qu’un simple loisir devient rapidement une véritable passion.

Face aux besoins financiers liés à la guerre, une idée émerge : organiser des matchs pour récolter des fonds. Avec le soutien de leur usine, elles créent une équipe, les Newton Ladies. Leur succès dépasse toutes les attentes. Elles attirent des milliers de spectateurs. Mais dans une société très conservatrice, cette popularité dérange. Malgré leur talent et leur détermination, les autorités finiront par freiner leur ascension, marquant un tournant dans l’histoire du football féminin.

Ce roman graphique est inspirée du Dick Kerr’s Ladies Football Club, le premier club de football féminin anglais. Même si je ne suis pas une fan de football et que je n’y connais rien, j’ai grandement aimé découvrir l’histoire du combat de ces femmes. Je me suis attachée rapidement aux personnages, à leur courage et à leur détermination. Au delà du cadre sportif, ce sont des thématiques fortes qui sont développées: l’émancipation des femmes, la solidarité et l’amitié, et la lutte pour la reconnaissance.

Du côté des illustrations, j’avoue que je n’ai pas été séduite. Je soulignerais tout de même que les visages des personnages sont particulièrement expressifs et reflètent à merveilles les émotions.

A la fin de l’ouvrage, on retrouve tout un dossier documentaire sur le football féminin anglais. J’aime grandement quand les éditeurs proposent ce genre de contenu. Ce fut très intéressant.

En bref, ce roman graphique rend hommage à des femmes longtemps oubliées et rappelle que le football féminin est le fruit d’un long combat. A mettre entre toutes les mains, et pas seulement que pour les fans de ce sport.

note 4,5 étoiles

 

Jeunesse, Littérature française (France), Livres

Sur la route d’Indianapolis de Sébastien Gendron

Sur la route d'Indianapolis de Sébastien Gendron

Éditeur : Pocket Jeunesse
Pages : 175 pages
Parution : 9 mai 2016
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Un roman réjouissant, plein de clins d’œil à la culture américaine, qu’on lit d’une traite !

États-Unis, années 1970. Lilian, onze ans, passe quelques jours à Chicago chez sa tante. Il doit rejoindre un peu plus tard son père à Indianapolis en prenant seul un bus Greyhound. Mais le voyage lui réserve bon nombre de surprises, et pas des meilleures ! Alors qu’il descend du bus avec une envie pressante, le chauffeur l’abandonne au milieu de nulle part… Tout s’enchaîne ensuite comme dans un mauvais rêve.
Qui est cet étrange M. Kaplan, descendu au même arrêt que lui ? Que fait cet avion en rase-mottes au-dessus des champs, et pourquoi leur tire-t-il dessus ? Embarqué dans une cascade de mésaventures inimaginables, Lilian s’apprête à vivre un véritable cauchemar éveillé.

 

Mon avis:

Lillian est un jeune collégien qui vit seul avec son père. Cette année, ce n’est pas les gorges du Tarn qui sont au programme pour ses vacances, mais bien les Etats-Unis. Son père a du travail là-bas et son employeur l’autorise à emmener son fils. Cela sera aussi l’occasion de revoir son oncle et sa tante, et de vivre une aventure qui ne sera pas prêt d’oublier…

Après avoir visité un certain nombre de lieux touristiques cultes des Etats-Unis, son père doit partir à Indianapolis afin d’y retrouver son client. Il reste alors quelques jours chez son oncle et sa tante à Chicago. Le jour est arrivé où Lillian s’apprête à prendre un bus seul pour rejoindre son père et retourner en France. Ces cinq heures de trajet paraissent anodines, et pourtant il s’apprête à faire de nombreuses rencontres et vivre un périple rocambolesque et invraisemblable. Gangsters, policiers, cow-boys, tirs et explosions… cette demi-journée s’avoue extrêmement angoissante.

Court récit consacré à ce voyage en bus, il contient tout de même quelques pages pour nous présenter le jeune garçon et le territoire américain, ainsi que sa culture. J’ai bien aimé ces insertions qui nous permettent de nous attacher à notre héros et d’en apprendre plus sur l’Amérique des années 70. Très vite, on se retrouve plongé dans l’action et elle nous tient en haleine. Tout de même, il est vrai qu’à un certain moment on a envie que les rebondissements s’achèvent, tellement ils s’enchainent rapidement. Cela reste une lecture très plaisante et parfaite pour un jeune public du même âge que Lillian.

note 3,5 étoiles