Littérature française (France), Livres

Harcèlement, ça commence quand ? de Catherine Le Magueresse

Harcèlement, ça commence quand ? de Catherine Le Magueresse

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 3 novembre 2023
Genre: Essai

 

L’histoire:

Véritable mal du siècle, le harcèlement, sous toutes ses formes – cyber, scolaire, professionnel ou encore sexuel – est présent dans l’actualité jour après jour et les victimes se comptent par dizaines de milliers.

Si l’on en parle de plus en plus, si les moyens commencent à être mis pour lutter contre ce fléau, il est encore pourtant extrêmement difficile de s’en défendre.

Reconnaitre les premiers signes, oser parler, se sentir légitime et se défendre : voici les principaux enjeux face au harcèlement. Ainsi, dans ce texte nécessaire, Catherine Le Magueresse donne aux lecteurs les clés pour détecter le harcèlement dès ses prémices, et informe le lecteur des droits qui sont les siens et les moyens juridiques à disposition.

 

Mon avis:

Jeudi 7 novembre 2024 était la journée nationale de lutte contre le harcèlement à l’école. Mais qu’est-ce que le harcèlement, comment en prendre conscience et comment réagir ? C’est ce que nous explique Catherine Le Magueresse grâce ce court essai.

Trop souvent banalisé, il n’est toujours pas identifié par tous comme un acte de violence. La victime elle-même peut se remettre en cause et se demander si c’est suffisamment grave pour être dénoncé. Que cela se passe à l’école, dans une entreprise, à la maison, dans la rue ou sur les réseaux sociaux, ils existent des moyens pour dénoncer et cesser les propos subit. Il en est de même avec le cyberharcèlement et les contenus numériques.

Il est important de réagir et d’éveiller les consciences, puisque le harcèlement a des graves conséquences sur la santé physique et psychique, sur la vie personnelle et professionnelle. Trouble du comportement alimentaire, dépression, échec scolaire, perte de l’estime de soi, idées suicidaires… sont de nombreuses répercussions dont souffrent les victimes sur le temps.

 

Quelques chiffres:

46% des collégiens déclarent avoir été harcelé de façon répétée durant leur année
28% des collégiens et 17% des lycéens disent avoir été victime de cyberharcèlement
38,5% des femmes et 14% des hommes ont été confrontés à des comportements sexistes et sexuels au moins une fois dans leur vie professionnelle
81% des femmes ont déjà été victimes de harcèlement sexuel dans des lieux publics

 

Liste des structures pour accompagner les personnes harcelées, mais aussi pour les témoins de ces actes:

Harcèlement et cyberharcèlement scolaire
3020 et 3018
Association E-enfance

Harcèlement au travail
Association AVFT
Défenseur des droits

Harcèlement conjugal
3919

 

Cette collection ALT des éditions de La Martinière est à mettre entre toutes les mains, pour ses sujets d’actualité qui nous concernent tous. En une heure de lecture, on apprend tellement sur ce fléau qu’est le harcèlement, présent dans notre quotidien et qui ne doit pas être une fatalité. Encore un récit percutant et accessible.

 

Notre société n’a pas encore suffisamment pris la mesure des destructions humaines engendrée par le harcèlement, ni du coût de cette forme de violence. La loi, si elle est essentielle, ne suffit pas. Encore faut-il que les personnes et les institutions en charge de notre protection prennent au sérieux les violences dévoilées. Toutes les formes de violences. Cet état de fait n’est pas une fatalité. Organisons nous !

Littérature française (France), Livres

Faut-il en finir avec les contes de fées ? de Jennifer Tamas

Faut-il en finir avec les contes de fées de Jennifer Tamas

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 12 avril 2014
Genre: Essai

 

L’histoire:

Après #MeToo, le baiser non consenti de la Belle au bois dormant n’est plus synonyme d’émerveillement, la Belle est victime du syndrome de Stockholm, et le Petit Chaperon rouge ne veut plus être défini par sa beauté. À revoir les films Disney de notre enfance, le constat est sans appel : les contes défendent les inégalités de genre. Les personnages féminins des contes de fées sont de jeunes femmes passives et un brin idiotes, tandis que leurs homologues masculins sont au contraire puissants et courageux. Mais est-ce aussi simple ? Doit-on nécessairement boycotter ces contes qui nous paraissent dépassés ? Ou peut-on déconstruire notre héritage ?

Dans ce texte, Jennifer Tamas nous montre que les contes de fées ne sont pas voués à être jetés, mais doivent être relus, revisités, car ils nous éclairent sur notre société actuelle. Tout en dressant un portrait des inégalités de genre présentes dans les contes, elle rappelle le rôle de la conteuse et nous fait découvrir des personnages féminins forts écrits par des femmes. À travers de nombreux exemples cultes, Jennifer Tamas nous invite à redécouvrir les contes et à en tirer des leçons, pour apprendre à mieux vivre ensemble.

 

Mon avis:

Vous devez commencer à connaitre ma passion pour ces récits courts et percutants que nous proposent les éditions de la Martinière. Chacun sur des sujets de société, ils nous donnent des bases pour nous faire notre propre avis. En fin d’ouvrage, des ressources nous permettre de poursuivent nos recherches.

Le nouveau sujet de discussion est les contes de fées. Bien qu’ils sont décriés par certain, ces récits ont toujours leur utilité. On a d’ailleurs oublié que les premiers contes ont été écrits par des femmes aux XVIIe siècle. A l’instar de HC Andersen, Charles Perrault et les frères Grimm, l’une des premières conteuses en France fut Madame de Murat. Elle utilisait ses écrits pour véhiculer des messages aux jeunes filles sur le mariage, le consentement sexuel, l’appréhension du corps de l’autre et même l’opacité de son propre désir.

On associe beaucoup trop souvent les contes des fées à Disney. Les œuvres originales qui ont inspiré ces dessins animés sont souvent bien différentes. (On peut tenir ce discours pour bien des adaptations). Très souvent, il existe plusieurs versions à une histoire, souvent écrite par des femmes et oubliées. On connait par exemple la version de La Belle et La Bête de Madame de Villeneuve qui nous propose une version engagée et offre des réflexions d’actualité. Mais savez-vous qu’il en hésite une pour Cendrillon écrite par une femme ? C’est Marie-Catherine d’Aulnoy qui en est l’auteure et l’héroïne est loin d’être soumise.

Autant dire qu’avec la lecture de cet essai, j’ai encore appris énormément sur les contes. Au fil de ma lecture, j’ai souvent pensé au livre « La psychanalyse des contes de fées » que j’ai lu il y a quelques années. Ce livre est aussi très intéressant. En tout cas, j’ai un certain nombre de contes à me procurer maintenant !

 

Les contes recèlent un secret : leur sens ne s’épuise jamais et évolue en fonction des âges de la vie. Ils sont comme des couvertures magiques qui nous enrobent et grandissent avec nous. Mais surtout, ils nous aident, tout simplement, à vivre ensemble.

 

note 4,5 étoiles

Littérature française (France), Livres

Algorithmes, bientôt maîtres du monde? d’Aurélie Jean

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 6 Octobre 2013
Genre: Essai

 

L’histoire:

Aujourd’hui, les algorithmes sont partout autour de nous. Ils nous fascinent autant qu’ils nous effraient, parce qu’ils nous font craindre un monde où la machine finirait par l’emporter sur l’humain.

Dans ce texte aussi instructif qu’accessible, Aurélie Jean nous emmène par-delà la science-fiction à la découverte de ces entités mathématiques et numériques qui font désormais partie de notre quotidien, et pose la question de leur encadrement, pour un monde plus juste et équitable.

 

Mon avis:

Quand on parle d’algorithmes, on peut penser à Instagram ou encore à ChatGPT (un générateur de texte) et à l’intelligence artificielle qui se développe dans bien des domaines.

Bien que cela puisse surprendre, l’auteure nous dévoile que les algorithmes ne datent pas du XXIème siècle, mais de plusieurs siècles en arrière. C’est avant tout une science qui répond à une question ou une prévision qu’une personne se pose. Comment puis-je me rendre à telle adresse, qu’elle sera la météo pour le week-end prochain… Nous restons maitre de l’information qui nous est transmise, car nous décidons d’y croire ou non. Très loin de ces récits de science-fiction où les robots prennent le contrôle de l’humanité, les algorithmes que nous créons, ne sont pas prêt à nous remplacer ! Le monde évolue au fil des siècles et c’est vers un avenir plus scientifique que se dirigent les générations futures.

« Selon le British Concil et le World Economic Forum, 65% des enfants d’aujourd’hui exerceront demain un métier qui n’existent pas encore »

 

Une fois de plus, j’ai grandement aimé cette lecture que nous offre la collection ALT des éditions La Martinière. Cet essai nous sensibilise à cultiver notre esprit critique et à préserver notre environnement. Enrichit par de nombreuses références à des études, le contenu est très intéressant et éveille notre curiosité. A découvrir !

 

note 4,5 étoiles

Littérature française (France), Livres

Avorter, un droit en danger ? de Ghada Hatem-Gantzer

Avorter un droit en danger de Ghada Hatem

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 13 Janvier 2013
Genre: Essai

 

L’histoire:

Les femmes ont toujours eu recours à l’avortement, qu’il soit autorisé ou non, souvent au péril de leur vie. Si de nombreux pays ont rendu légale l’Interruption volontaire de grossesse (IVG) au cours des dernières décennies, ce droit difficilement acquis, pour et par les femmes, est aujourd’hui en pleine régression. Pourquoi l’avortement est-il encore autant sujet à débats ?

Ghada Hatem retrace dans ce texte engagé les jalons de l’histoire complexe de l’avortement. Avorter : est-ce bien ou mal ? Loin de du jugement d’ordre moral, elle livre un manifeste en faveur du droit des femmes à disposer de leur corps !

 

Mon avis:

Voici un court essai qui fait référence à ce qu’il se passe depuis plusieurs mois aux Etats-Unis, avec l’interdiction de l’avortement dans plusieurs états, et aussi en France avec la remise en cause de l’inscription de l’avortement dans la Constitution.

Je vous ai déjà chroniqué plusieurs essai de cette collection ALT, qui est accessible dès l’adolescence. Comme pour les autres textes, j’ai adoré celui-ci écrit par Ghada Hatemn, gynécologue-obstétricienne et fondatrice de la Maison des Femmes sur Saint Denis.

Au fil des pages, on revient sur les lois, la culture, l’influence des religions, les IVG dans le monde et même sur les premières contraceptions. Hé oui, ce sont les égyptiens qui ont inventé les premiers stérilets (avec des os, beurk!) !
On découvre les réactions que l’auteure a eu à subir un certain nombre de fois dans sa carrière: avorter c’est tuer; quand on prend la pilule, on ne peut pas tomber enceinte; les femmes qui ne veulent pas de leur enfant, qu’elles accouchent sous X… Mais aussi des actions nous sont expliquées, comme le manifeste signé par Gisèle Halimi et Simone de Beauvoir « Choisir la cause des femmes » surnommé le « Manifeste des 343 salopes ».

Cet essai met également en lumière l’importance d’une éducation et de prévention, en commun avec l’école et les parents.

« Supposons que nous ayons une parfaite éducation sexuelle. Supposons que cela soit enseigné dans toutes les écoles. Supposons qu’il y ait une contraception véritable, populaire, totale, gratuite. On peut rêver… »

Gisèle Halimi – Octobre 1972

 

Quelques chiffres:

Une femme sur deux à recourt à un avortement dans sa vie – Chiffres INED 2019

66% des 18-24 ans défendent le droit à l’avortement contre 84 % des plus de 50 ans – Sondage IFOP 2022

65000 femmes ont déclarée une grossesse après un viol et n’ont pas pu avorter aux Etats-Unis en 2023 – Courrier International

 

note 4,5 étoiles

Littérature française (France), Livres

S’informer à quoi bon ? de Bruno Patino

S'informer à quoi bon ? de Bruno Patino

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 13 Janvier 2013
Genre: Essai

 

L’histoire:

Tous les jours, nous sommes assaillis d’informations. À la télévision, à la radio mais surtout jusque dans notre poche, via les notifications incessantes des réseaux sociaux sur notre téléphone, l’actualité est partout ! Parfois, cet assaut quotidien donne le tournis, et on préfèrerait se barricader, dire « stop ! » D’autant plus que, qu’on le veuille ou non, l’information parvient toujours à nous. Alors, à quoi bon s’informer ?

Dans un court texte brillant et fourmillant d’exemples, Bruno Patino revient sur les raisons de cette fatigue informationnelle, mais insiste sur notre devoir collectif de bien s’informer. En retraçant l’histoire de l’information, il nous convainc que celle-ci est une arme, un contrepouvoir important et décisif dans notre société !

 

Mon avis:

Après le premier essai sur Etre féministe, pour quoi faire ? je continue mon aventure avec cette superbe collection accessible dès 15 ans. L’information, un sujet vaste et tellement important que Bruno Patino (PDG de Arte) va nous expliquer son importance et son histoire.

Aujourd’hui, les supports où on peut avoir accès à l’information se sont plus que multiplié: presse, télévision, radio, médias sociaux… On en devient perdu et surtout qui croire. Cette surcharge d’information qui peut être contradictoire, nous fatigue. Pourquoi lui prêter de l’intérêt alors que dans tous les cas elle nous parviendra, même si on n’en a pas forcement envie.

Cet essai nous explique ce qu’est l’information et à quoi elle nous sert. Il revient aussi sur son histoire. Pourquoi communique-t-on que c’est Christophe Colomb qui a découvert l’Amérique en 1492, alors que ce n’est pas le cas ? Tout simplement puisqu’à l’époque des vikings, l’imprimerie qui a donné l’accès à l’information n’hésitait pas. L’exploit de Leif Erickson en 986 n’est donc pas relaté. Avec Gutenberg, c’est le début de l’édition et des médias qui ne cesseront d’évoluer au fil des siècles avec de nouvelles inventions (radio, télévision) jusqu’à nos jours avec les réseaux sociaux.

Au fil des pages, on nous ouvre les yeux sur notre rôle et notre devoir de bien s’informer. De nombreux exemples rythment le récit et on en rigole. J’en ressors convaincue et avec plus de clés pour comprendre ce qui m’entoure.

note 4,5 étoiles