Album, Littérature française (France), Livres

La Belle et la Bête de Cécile Roumiguière et Benjamin Lacombe

La Belle et la Bête
Cécile Roumiguière et Benjamin Lacombe

Éditeur : Albin Michel Jeunesse
Pages : 86 pages
Parution : 19 février 2025
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Un vieux marchand égaré trouve refuge dans le château d’une créature effrayante : la Bête. Par malheur, il enfreint la règle ultime en cueillant une rose pour sa fille, la Belle, et se voit puni par le maître des lieux. Pour sauver son père, la Belle décide d’affronter la Bête et découvre une altérité bouleversante.

Cécile Roumiguière offre une réécriture magnifique de ce conte classique, en situant l’action dans un château inspiré de Chambord, au cœur d’un cadre vénitien enchanteur. Les émotions des personnages sont sublimement mises en lumière par les illustrations grandioses de Benjamin Lacombe.

 

Mon avis :

Cette réécriture du célèbre conte de La Belle et la Bête est signée par Cécile Roumiguière et sublimée par les illustrations de Benjamin Lacombe.

Dès les premières pages, on est plongé dans un univers à la fois historique et poétique. Loin de la version popularisée par Disney, la relation entre Belle et la Bête est abordée de façon différente. Il ne s’agit plus d’un coup de foudre, mais d’un amour lent, fondé sur la découverte mutuelle, la confiance et le respect. Cela permet la mise en valeur des thématiques très actuelles: comme le consentement, la tolérance, et le refus des jugements basés sur l’apparence.

Le point fort de cet album est de proposer la découverte de Petrus Gonsalvus, un homme atteint d’hypertrichose au XVIe siècle. Ce choix enrichit le récit en soulignant l’exclusion vécue par ceux qui sont perçus comme différents. Cette dimension documentaire m’a agréablement surprise.

J’ai également grandement apprécié la préface de Cécile Roumiguière, les lettres échangées entre Belle et la Bête, la postface retraçant l’histoire de la famille Gonsalvus et la vision de ce conte par Benjamin Lacombe.

Du côté des illustrations, l’illustrateur nous offre comme à son habitude un ouvrage somptueux. Chaque page est en harmonie avec le récit.

En résumé, cette version de La Belle et la Bête est bien plus qu’une simple réécriture. C’est une œuvre à part entière, sensible, engagée et visuellement envoûtante.

 

note 4 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Au bonheur des dames (BD) de Agnès Maupré et Émile Zola

Au bonheur des dames BD Agnès Maupré Émile Zola

Éditeur : Casterman
Pages : 136 pages
Parution : 3 Juin 2020
Genre: Historique, Classique

 

L’histoire:

Venue de sa lointaine Normandie, Denise arrive à Paris avec ses deux frères sans un sou en poche… D’abord aidée par l’oncle Baudu, un commerçant méfiant, elle va franchir la porte du Bonheur des Dames, un immense magasin de nouveautés qui fait se déplacer tout ce que Paris compte d’élégantes… Engagée comme vendeuse, Denise découvre autour d’elle les rivalités avec les autres vendeuses, devenant vite la victime d’un système aliénant où il faut sans cesse se battre pour vendre et où les amitiés sont rares. Mais la jeune femme va faire la connaissance d’Octave Mouret, le directeur du Bonheur des Dames, un homme de conquête qui ne songe qu’à l’expansion de son magasin, à défaut de trouver l’amour. À moins que la rencontre avec Denise ne vienne bouleverser ses croyances ?

 

Mon avis:

Adapté du roman d’Emile Zola, nous faisons la rencontre de Denise qui arrive dans une capitale en pleine mutation. Les petits commerces, comme celui géré par son oncle, subissent la concurrence des grands magasins qui vendent de tout. Fini les magasins spécialisés en chapeaux ou en ombrelles, le « Bonheur des Dames » offrent une grande variété de produits et de nouveautés constantes. A la quête d’un emploi, Denise entre dans ce monde en plein effervescence que gère Octave Mouret. Assez vite repérée pour ces talents de vendeuse, Denise va en rendre certaines jalouses et attirer l’attention d’autres.

Au fil des pages, je me suis souvenue des grandes lignes du roman lu il y a quelques années. Dénonçant les conditions des femmes et travailleurs dans le Paris du Second Empire, ce sujet est abordé en second plan. L’auteure a choisi de mettre en lumière l’histoire de Denise et sa romance avec Octave Mouret. J’ai grandement aimé découvrir le parcours de cette jeune fille provinciale qui arrive très naïves et se révèle.

Cette lecture aurait pu être un coup de cœur. J’avoue ne pas avoir été sensible aux illustrations, que je trouve même grossière. Il n’y a pas de détail et de finesse dans les traits, comme j’aime grandement. Par contre, le côté haut en couleur ne me gêne aucunement. J’aime beaucoup.

 

note 4,5 étoiles

Films

Entre les lignes (Mothering sunday)

Réalisateur : Eva Husson
Acteurs : Odessa Young, Josh O’Connor, Colin Firth
Audio : Français
Durée : 104 minutes
Genre: Drame, Historique, Romance

 

L’histoire:

Angleterre, 1924. Femme de chambre chez un couple d’aristocrates, Jane fréquente secrètement Paul, le fils des propriétaires du manoir voisin. Instinctivement, Jane sait que leur différence de milieu, et le futur mariage de Paul avec une autre, vouent leur liaison passionnée à l’échec. Elle se raccroche alors à ces étreintes dérobées comme à autant de futurs souvenirs destinés à nourrir sa plume d’écrivaine en devenir.

Inspiré du roman Le dimanche des mères de Graham Swift

 

Mon avis:

En ce jour de fête des mères, il est de coutume pour les aristocrates de donner un jour de congés à leurs domestiques. Jane Fairchild, orpheline et servante de la famille Niven, profite de cette journée pour rejoindre Paul Sheringham, un aristocrate qui est attendu par sa promise pour officialiser leur engagement. Cette journée, qui occupe l’intégralité du film, va marquer à jamais l’histoire de Jane…

Dans un contexte encore tourmenté d’après première guerre mondiale, on suit cette famille dévastée par le deuil de plusieurs de ses fils, qui nous livrent leurs secrets au fur et à mesure. Passant de flashback en flashback, on découvre la Jane adolescente et servante chez les Niven, et la Jane adulte, indépendante et romancière. Il est d’ailleurs un peu déroutant au début de faire le lien, même si l’intrigue est assez lente. Toutefois, cela ne m’a pas dérangé, étant captivée par l’histoire qui nous montre l’avancée des mœurs, mais peut-être de façon trop discrète.

Autant dire que le casting a fortement influencé mon choix de découvrir ce film. Sachez tout de même que Colin Firth est assez peu présent. Son rôle est secondaire. Le film étant vraiment consacré à Jane Fairchild interprété par Odessa Young. Je vous signalerai également qu’il y a de nombreuses scènes de nudité et pour la plupart complétement inutiles.

Les lieux de tournage sont très beaux. On a le droit à des beaux plans sur l’intérieur de différents manoirs. Jonglant entre les époques, les costumes sont également très soignés (quand ils en portent !)

En soit, un bon film mais qui aurait pu être plus engagé.

note 4 étoiles

Films

Le remède à l’oubli

Réalisateur : Michal Gazda
Audio : Français
Durée : 140 minutes
Genre: Drame, Historique, Romance

 

L’histoire:

Rafał Wilczur, professeur de chirurgie respecté, est victime d’une agression et perd la mémoire suite à ses blessures, alors que sa femme vient de le quitter.

Inspiré du roman Znachor de Tadeusz Dołęga-Mostowicz (non traduit en français)

 

Mon avis:

Ce film polonais nous raconte l’histoire de Rafal Wilczur, un grand chirurgien qui vit de sa passion, aider et sauver des vies. Peu présent, sa femme le quitte en emmenant leur fille. Quelque temps après, une terrible agression le rend amnésique. Pauvre, il parcourt les campagnes et se fait appeler Antoni Klos. Même s’il a oublié qui il est, il continu à exercer « illégalement » la médecine. C’est ainsi qu’il s’installe dans un petit village où sa fille réside. Mais aucun des deux ne se reconnaissent…

Abordant des thématiques bien connues : les secondes chances, les conditions de vie entre la haute société et les bas fonds, l’accès aux soins… l’intrigue finit par nous captiver par la quête du personnage principal. Qui est donc Antoni et comment a-t-il obtenu toutes ses connaissances en médecine ? Humble, on s’attache à lui. Même s’il y a que nous, spectateurs, qui connaissons la réponse, on se demande quand la révélation aura lieu.

Bien tourné, le cadre est intéressant. Mais c’est surtout l’acteur principal qui m’a convaincue de continuer jusqu’au bout ce film. Certes la fin est rapide et trop simple, il en reste que j’ai passé un bon moment.

Si vous êtes tenté, il est disponible sur Netflix.

note 4 étoiles

Littérature anglaise (Angleterre), Séries

La folle aventure des Durrell (The Durrells in Corfou)

La folle aventure des Durrell The Durrells in Corfou

Acteurs : Keeley Hawes, Milo Parker, Josh O’Connor, Daisy Waterstone, Callum Woodhouse, Lucy Black…
Réalisateur : Simon Nye
Genre: Historique, Comédie

 

L’histoire:

En 1935, après la mort de son mari et des problèmes financiers, Louisa Durrell décide de déménager de Bournemouth jusqu’à l’île grecque de Corfou avec ses quatre enfants. Des changements vont alors devoir s’opérer au sein de cette famille qui va voir sa vie bouleversée du jour au lendemain.
Adaptée de l’autobiographie Trilogie de Corfou de Gerald Durrell

.

Mon avis:

A Bournemouth, en Angleterre, Louisa Durrell se sent dépassée. Veuve, les difficultés financières s’acculent et ses quatre enfants ne l’aident pas. Son plus jeune fils est même sur le point de se faire renvoyer de son école. Se soûlant de plus en plus, elle ne peut laisser sa famille s’écrouler. Sur un coup de tête, elle décide de déménager sur l’ile de Corfou, en espérant un nouveau départ et avenir.

Dans une ancienne villa à rénover où il n’y a pas d’électricité, les Durrell doivent prendre leur marque. Accompagnée par un villageois, les enfants de Louisa ne sont toujours pas au rendez-vous pour l’aider. L’ainé, Lawrence, veut devenir écrivain. Leslie est passionné d’armes à feu et tire à tout va. Margo est plus intéressée par les hommes de l’île, que par se trouver un travail. Et le benjamin Gerald est captivé par les animaux, au point de créer un véritable zoo dans la maison.

Au fil des épisodes, c’est un plaisir de suivre cette famille. On retrouve l’humour typiquement britannique, des paysages envoutants et de superbes costumes d’époque. Ponctué de nombreux rebondissements, souvent inattendus, on ne peut que rigoler face à cette famille rebelle et attachante.

Abordant le ton léger et loufoque de la trilogie de Gerald Durell (le benjamin de la famille), la nature et les animaux détiennent une place importante dans la narration. On y aborde aussi la mort, le deuil, l’injustice et l’homosexualité.

En soit, une série drôle et décalée où le dépaysement et le rafraichissement sont garantis.

note 4 étoiles