Bande dessinée, Littérature française (France), Livres

Jamais de Bruno Duhamel

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Éditeur : Bamboo
Collection: Grand Angle
Pages : 64 pages
Parution : 10 Janvier 2018
Genre: Contemporain

 

L’histoire:

Face à une catastrophe naturelle, il faut une force de la nature. Madeleine, c’est les deux.

Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance

 

Mon avis:

« Jamais » nous emmène sur les côtes normandes à la découverte de Madeleine, une vieille dame qui n’a pas la langue dans sa poche. Elle est aveugle de naissance, et vit avec son chat Balthazar depuis la disparition de son mari en mer. Même si ce dernier est quand même toujours présent dans l’imagination de Madeleine, elle lui dresse encore la table, et l’intègre dans ses discussions. Vous comprenez vite qui mange l’assiette à table, le chat bien sur ! Mais voilà, la maison qu’elle a achetée avec son mari est sur le point de disparaître. Le réchauffement climatique, la montée des eaux, les inondations, et l’érosion font que les falaises s’effritent. Elles s’effondrent par pans entiers… Et peu à peu,  c’est ce qui risque d’arriver à la maison de Madeleine qui se rapproche dangereusement du bord. Et c’est du devoir du maire de faire quelque chose et de la convaincre de quitter cet endroit chéri où elle a vécue, et où elle a tant de souvenir… Mais avec le caractère de Madeleine, ce n’est pas si facile !

J’ai grandement aimé cette bande dessinée qui est touchante et humoristique, et qui parle d’un fait de société. La Côte d’Albâtre, comme d’autres côtes sont dangereusement touchées par les changements climatiques. Maintenant c’est une habitude de voir des blockhaus directement sur des plages. Et c’est forcément d’autant plus dur quand ce sont des maisons que des personnes ont construit, chéri et ont passé une partie de leur vie.

Et malheureusement pour Madeleine, son foyer se trouve concerné. A 95 ans hors de question pour elle d’abandonner sa maison, et d’aller en maison de retraite. Elle tient trop à son indépendance, et le fait bien remarquer au maire. Avec ses réponses cinglantes, et pas que, elle lui fait vivre un enfer. On rigole, mais il est vrai qu’on ne peut qu’être touché par Madeleine, et inquiet par son sort.

C’est une comédie qui frôle le drame, et qui ne nous laisse pas insensible quand on referme l’ouvrage. Les illustrations sont parfaites, et collent à l’intrigue très dynamique. J’ai apprécié de voir le travail préparatoire de l’artiste, qu’on nous offre à la fin. Mais il est vrai que je ferme ce livre avec un sentiment de tristesse et de non fin. J’aurai bien aimé quelques pages de plus, m’étant tellement attaché à ce petit bout de femme, en seulement 60 pages, bravo à l’auteur !

note 4,5 étoiles

Jamais de Bruno Duhamel

Monsieur le maire ! Etant donné que la nature vous a épargné les inconvénients qui accompagnent le fait d’avoir un cerveau, je vais m’adresser directement à votre moelle épinière : je ne quitterai jamais cette maison !

Séries

The English Game (Netflix)

The English Game

Acteurs: Edward Holcroft, Kevin Guthrie, Charlotte Hope, Niamh Walsh, Craig Parkinson, James Harkness
Réalisateur : Julian Fellowes
Audio : Français
Durée : 6 × 58 minutes
Genre: Historique, Romance, Drame

 

L’histoire:

Angleterre, années 1870. Deux footballeurs issus de classes sociales différentes tissent des liens qui contribueront à démocratiser un sport alors réservé à l’élite.

 

Mon avis:

Je commencerais cet avis par, « je ne pensais pas que j’allais autant apprécier! ». N’étant pas spécialement fan de foot, et ne connaissant même pas les règles, c’est plus la curiosité qui m’a poussé à regarder cette série. La présence de Julian Fellowes (créateur de la série Downton Abbey) à la direction y a joué aussi. Hé bien autant dire, ce fut une belle surprise !

Plongeons en 1879 en Angleterre, où les débuts du football moderne en est à ses balbutiements. L’équipe de Darwen, constituée d’ouvriers d’une filature de coton du Nord de l’Angleterre, se qualifie pour la première fois en quart de finale de la Coupe d’Angleterre. Pour tenter de battre les aristocrates des Old Etonians, qui règnent sans partage sur ce jeu comme sur ses règles, le propriétaire de l’équipe embauche deux joueurs écossais, contrevenant ainsi au principe d’amateurisme fixé par la Fédération. C’est le début d’une professionnalisation qui est très mal acceptée par l’aristocratie, comme par les travailleurs encore non rémunérés dans ce contexte de crise du coton qui affecte le pays et son industrie. Par la popularité de ce sport, on suit le destin parallèle de deux joueurs légendaires, Lord Arthur Kinnaird et Fergus « Fergie » Suter, qui nous raconte aussi l’opposition entre classes sociales.

Ce n’est donc pas qu’une série sur le ballon rond. Julian Fellowes traite un sujet important de lutte des classes, où les deux personnages principaux en sont chacun un représentant. Voilà pourquoi cette série a su me passionner. Dans ce cadre romanesque, la dimension sociétaire est très bien décrite et exploitée. On évoque le syndicalisme, le patronat, les grèves, le sort des filles-mères, l’alcoolisme, les femmes battues, les différences de condition de vie… Le scénario est vraiment prenant, les costumes sont sublimes, même les tenues de sport !

Voici donc une mini série que je ne peux que vous conseiller de voir. Elle est actuellement disponible sur Netflix, et est composée de six épisodes. En tout cas, ce fut une belle surprise pour moi !

 

note 4,5 étoiles - série

Films

The Aeronauts

The Aeronauts

Acteurs : Eddie Redmayne, Felicity Jones, Tom Courtenay, Tim McInnerny, Phoebe Fox, Vincent Perez, Rebecca Front, Anne Reid
Réalisateur : Tom Harper
Audio : Anglais, Français
Durée : 101 minutes
Genre: Drame, Romance, Historique

 

L’histoire:

Au XIXe siècle, une pilote de montgolfière un scientifique s’embarquent dans les airs pour découvrir les secrets du paradis. Alors qu’ils vont plus haut dans l’atmosphère que n’importe quel ballon auparavant et font d’incroyables découvertes, ils en viennent à se battre pour leur survie.

 

Mon avis:

Que dire de ce film, à part qu’il est juste merveilleux ! Librement inspiré d’une histoire vraie, on retrouve le fameux duo formé par Eddie Redmayne et Felicity Jones, pour porter à l’écran l’exploit de James Glaisher, météorologiste et aéronaute chevronné, qui a risqué sa vie au XIXème siècle pour faire avancer la météorologie. Même s’il s’agit d’une histoire vraie, un personnage a été inventé, celui d’Amélia Wren, qui remplace le rôle joué dans la réalité par Henry Coxwell, un collaborateur de James Glaisher. The Aeronauts raconte leur épopée survenue en 1862, qui a presque eu raison d’eux, et dans laquelle le duo s’est retrouvé bloqué dans une nacelle suspendue dans le ciel pendant de nombreux jours.

Grâce à un montage très intéressant, qui nous offre un voyage dans le temps à des moments opportuns, on découvre au fur et à mesure la personnalité de nos deux héros. James Glaisher est un jeune scientifique qui n’est malheureusement pas reconnu par ses pairs. Il veut faire avancer les études sur les conditions météorologiques. Il pense qu’elles peuvent être prédites, si on les étudie de près et en hauteur. Mais personne ne le soutient vraiment dans son projet, ce n’est pas pour autant qu’il va se décourager. C’est ainsi qu’Amélia Wren entre en scène. La jeune veuve a perdu son mari dans un tragique accident, et même si elle parait une vraie tête à claque, elle en cache et en porte beaucoup en elle. Voilà que ce duo se lance vers les cieux et que les ennuis vont commencer.

Le voyage est vraiment spectaculaire, et les images à couper le souffle. Comme eux, on se prend au jeu, et on se retrouve ainsi suspendu. Les acteurs sont incroyables, ils campent vraiment bien leurs rôles. J’ai été très heureuse de les retrouver à nouveau. C’est eux qui portent le film et l’intrigue. Les péripéties qui leur arrivent sont tellement convaincantes, qu’on en a le sang glacé (sans mauvais jeu de mot!). J’ai aimé qu’au fil de leur aventure, on nous donne des informations sur leur traversé, sous forme de schéma. On se sent ainsi vraiment avec eux dans cette expédition. J’ai aussi appris grâce à ce film, et c’est avec plaisir que je suis allée me renseigner sur quelques faits qu’on nous relate. Comme les fameux papillons, je ne savais pas qu’ils volaient si haut !

Un très bon moment passé avec ce biopic que je vous recommande.

5 étoiles

Séries

Le Bazar de la Charité

Le Bazar de la charité

Acteurs: Audrey Fleurot, Julie de Bona, Camille Lou, Gilbert Melki, Josiane Balasko, Stéphane Guillon, Victor Meutelet
Réalisateur : Alexandre Laurent
Durée : 8 × 52 minutes
Genre: Historique, Romance, Drame

 

L’histoire:

Paris, 4 Mai 1897. Un incendie dévastateur détruit en quelques minutes le Bazar de la Charité, l’édifice abritant une manifestation caritative très courue, faisant plus de 120 morts, essentiellement des femmes de la haute société et leur personnel. A cette occasion, trois femmes, Adrienne De Lenverpre, Alice De Jeansin, et sa bonne Rose Rivière voient leur destin bouleversé. Usurpation d’identité, amours interdites, changement radical de vie, émancipation, cette mini-série nous plonge dans la société parisienne de la fin du 19e siècle, en suivant le destin romanesque de ses trois héroïnes.

 

Mon avis:

Cette mini série revient sur le drame qu’a marqué Paris en 1897, l’incendie du Bazar de la Charité, qui a fait plus de cent-vingt morts.

Alors qu’aristocrates et bourgeois se pressent dans les couloirs du Bazar de la Charité, où une vente de charité a lieu, le destin de trois femmes de milieux différents, est bousculé. En moins d’une demi heure, le bâtiment n’est plus que cendres, suite à la surchauffe du cinématographe. Au fil des épisodes on suit l’histoire de ces trois femmes, dont l’une avait pour projet un divorce qui déplaît au plus haut point à son mari, une autre doit se marier pour sauver sa famille, et la troisième devait partir en Amérique avec son conjoint pour un nouveau départ.

Le scénario proposé est intéressant, et met ainsi en lumière une terrible tragédie dont on parle peu, et qui a touché majoritairement des femmes, dont des personnes très célèbres, comme la sœur de l’Impératrice d’Autriche, Sissi. Du côté du casting, j’ai particulièrement aimé la prestation de Julie de Bona, qui interprète Rose Rivière, une des trois héroïnes, grièvement blessée dans l’incendie. Son duo avec Josiane Balasko était convaincant. J’ai d’ailleurs apprécié revoir cette dernière. Les lieux de tournage sont très beaux, ainsi que les costumes. Mais malheureusement ceux-ci ne sont pas finit. A l’époque, les femmes ne sortaient pas cheveux nus, on ne s’embrassait pas en pleine rue, et que dire des dialogues beaucoup trop contemporains… Sans pour autant utiliser un langage soutenu, un effort aurait pu être fait. Certains mots comme « c’est dégueulasse » ou « putain » auraient pu être évités. L’histoire se passe au XIXème siècle, et pas au XXIème siècle ! A part ses écarts, j’ai tout de même passé un bon moment à la découverte de cette mini-série.

Note pour les âmes sensibles, sachez que le premier épisode est consacré à l’incendie, où l’on voit donc des pauvres femmes brûler, et se faire écraser ou bousculer par les messieurs. Et autant dire que les scènes sont bien réalistes, j’en ai eu les frissons. Vous pouvez commencer par l’épisode 2, elle seront certes à l’hôpital et certaines crieront, mais plus de scènes où elles brûlent…

3,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature française (France), Livres, Mes coups de cœur

Dans la combi de Thomas Pesquet de Marion Montaigne

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Éditeur : Dargaud
Pages : 208 pages
Parution : 24 Novembre 2017
Genre: Humoristique, Contemporain

 

L’histoire:

Le 2 juin 2017, le Français Thomas Pesquet, 38 ans, astronaute, rentrait sur Terre après avoir passé 6 mois dans la Station spatiale internationale. La réalisation d’un rêve d’enfant pour ce type hors-norme qui après avoir été sélectionné parmi 8413 candidats, suivit une formation intense pendant 7 ans, entre Cologne, Moscou, Houston et Baïkonour ? Dans cette bande dessinée de reportage, Marion Montaigne raconte avec humour ? sa marque de fabrique ? le parcours de ce héros depuis sa sélection, puis sa formation jusqu’à sa mission dans l’ISS et son retour sur Terre.

 

Mon avis:

Je pense qu’on connait tous Thomas Pesquet, l’astronaute français qui est allé plusieurs mois à bord de l’ISS, ou du moins entendu parlé. Ce roman graphique nous permet de découvrir toutes les étapes, et les nombres heures de préparation qu’il lui a fallu pour arriver jusque là. Et je vous rassure, pas besoin d’avoir de grandes connaissances scientifiques, Marion Montaigne a fait un super travail de vulgarisation scientifique, et avec humour.

Autant dire que cette bande dessinée est un véritable coup de cœur, on apprend plein de choses, on s’émerveille, et qu’est ce qu’on rigole. J’ai passé un pur moment de bonheur à découvrir l’entraînement intensif de Thomas Pesquet, pour pouvoir partir dans l’espace, et c’est très impressionnant. On apprend beaucoup de choses sur le métier d’astronaute, et toutes les étapes pour y arriver, mais aussi l’envers du décors.

Les illustrations sont très simples. Il est vrai que d’habitude je les aime beaucoup plus travaillées, mais je pense que ça m’aurait déconcentré de l’histoire, qui est plus que prenante, et on en redemande encore une fois l’ouvrage fermé. Du coup, je me dis que c’est un point positif, qu’elles soient légères. Le message fort étant à mon sens l’histoire, que des coups de crayons légers suffisent à la mettre en valeur, pas besoin d’en faire trop.

En tout cas, si vous ne connaissez pas, foncez ! Un moment de rigolade et d’apprentissage assuré !

5 étoiles