Classique, Littérature anglaise (Angleterre), Livres

Sous la verte feuillée – Quatre Saisons à Mellstock de Thomas Hardy

Sous la verte feuillée / Quatre Saisons à Mellstock de Thomas Hardy

Éditeur : Archipoche
Pages : 249 pages
Parution : 7 Février 2018
Genre: Classique, Historique

 

L’histoire:

Un jeune fermier et un vicaire se disputent le cœur de Fancy Day, institutrice dans un village du Wessex. Indisponible en poche, l’un des premiers romans de l’auteur de Tess d’Urberville.

Dans le paisible village de Mellstock, à la veille de Noël, l’arrivée d’une nouvelle institutrice est au cœur de toutes les conversations. Sans que nul l’ait encore vue, Fancy Day, une enfant du pays, fait déjà tourner les têtes des célibataires du comté. Dick Dewey, un jeune fermier, est le premier à lui faire des avances. Tombé fou amoureux au premier regard, il finit par la demander en mariage dans le plus grand secret. Mais un autre homme n’est pas indifférent aux charmes de la jeune femme : Mr Maybold, le vicaire, qui l’invite à se joindre à la chorale de la paroisse comme organiste. À son tour, il s’offre à l’épouser. Or Fancy, frivole et capricieuse, fait languir ses prétendants, bien consciente qu’il lui faudra renoncer à son indépendance lorsqu’elle sera mariée. Dans un labyrinthe de passions, Sous la verte feuillée, paru anonymement en 1872, dresse une fresque pleine d’ironie et de mélancolie du monde rural cher à Thomas Hardy. De cette histoire tissée de savoureux malentendus, où s’affrontent pour une femme une âme candide et un notable respecté, ne subsistera qu’un secret bien gardé par la fantasque Fancy…

 

Mon avis:

Avec « Sous la verte feuillée » ou « Quatre Saisons à Mellstock » Thomas Hardy signe son deuxième roman. Il écrira ensuite les fameux romans Tess d’Urberville, Jude l’Obscur ou encore Loin de la foule déchaînée.

L’intrigue se déroule dans le Wessex à Mellstock. Il s’agit d’un petit village rural où quelques changements vont avoir lieu brutalement. Le choeur qui existe depuis de nombreuses années est menacé de disparition suite à l’arrivée du nouveau pasteur. Celui-ci souhaite installer un harmonium, que la nouvelle institutrice, qui suscite bien des émois, utilisera. Et ce n’est pas particulièrement au goût des villageois, pour qui les chants sont comme sacrés et encrés dans leur tradition.

Avec ce roman, on évolue dans l’Angleterre rurale au XIXème siècle. Tout au long de ma lecture, je me suis souvenue du film dont est adapté le roman Under the Greenwood Tree. Même si cela fait un moment que je l’ai vu, je pense pouvoir dire que cette adaptation est particulièrement fidèle. Je me suis souvenue d’un certain nombre de scènes, mais je trouve tout de même que le personnage de Fancy est beaucoup plus froid dans le roman que dans le film. Un petit point qui m’a gênée dans ma lecture. Mais revenons à l’histoire originale et à ses personnages comme Richard « Dick » Dewy, un jeune homme qui fait partie des choeurs et qui tombe amoureux dès les premiers instants de la nouvelle institutrice, Fancy Day. Mais il ne sera pas le seul à succomber à son charme. Au fil des pages, on suit les aventures des habitants de ce village, et découvrant aussi les beaux paysages que nous décrit l’auteur. Même s’il existe quelques lenteurs, il s’agit après tout du deuxième roman de l’auteur, on passe tout de même un bon moment tout en se sentant transporté dans ce monde qui nous est décrit aux mille couleurs et senteurs.

Grand poète, Thomas Hardy a une plume sublime qui sait nous emmener sans problème dans un univers avec lui. On a vraiment l’impression d’avoir remonté le temps avec lui, en compagnie de Dick et Fancy.

 

note 3,5 étoiles

Classique, Littérature française (France), Livres

L’abbesse de Castro de Stendhal

L'abbesse de Castro de Stendhal

Éditeur : Folio
Pages : 128 pages
Parution : 4 Mai 2017
Genre: Romance, Historique

 

L’histoire:

Vers le milieu du XVIe siècle, après huit années au couvent de la Visitation, Hélène Campireali, jeune fille de noble famille, regagne Albano pour y vivre près de son père. Un voisin, Jules Branciforte, s’éprend d’elle au scandale du seigneur de Campireali qui voit d’un mauvais œil la cour que ce jeune homme pauvre fait à sa fille. Un soir d’été, grâce à une longue canne, Jules élève jusqu’à la fenêtre d’Hélène un bouquet – et elle décide de s’en saisir.
Le début de cette nouvelle – qui sera plus tard la première des Chroniques italiennes – laisserait présager une idylle si l’auteur ne prenait la peine d’annoncer « les malheurs affreux qui vont former le triste sujet » de sont récit. A la dernière page, néanmoins, demeure une ineffaçable impression de fraîcheur qui, jointe à la simplicité naïve des amours de Jules et d’Hélène, donne au texte sa qualité singulière.

 

Mon avis:

Publié en 1839, ce court roman a été écrit en deux temps, interrompu par une autre œuvre, La Chartreuse de Parme, que Stendhal a voulu écrire avant. Cette histoire s’inscrit dans le recueil de nouvelles nommé les Chroniques italiennes, où il nous partage son admiration qu’il éprouve pour ce pays, ses habitants et leur mode de vie.

Plongé au cœur du 16è siècle en Italie, Hélène Campireali et Jules Branciforte sont amoureux. Elle est âgée de 17 ans et lui de 22 ans, et ils tombent sous le charme l’un de l’autre dès leur première rencontre. Mais Hélène est une jeune fille de bonne famille, alors que Jules est fils de brigand. La famille d’Hélène, en particulier son père et son frère, voient d’un mauvais œil leur amour. Entre passion, amour impossible, duperie et affrontement, nos héros ne peuvent que nous rappeler un célèbre couple italien…

Après une première partie où l’on nous explique le contexte historique de l’œuvre, l’histoire d’Hélène et Jules s’enchaine, et on ne peut que se remémorer un autre classique: Roméo et Juliette. Lui est pauvre mais séduisant et plein d’esprit, et elle est belle, riche et quelque peu naïve. C’est un coup de foudre, alors qu’ils ne se sont jamais parlé. Leur idylle est tout de même touchante, et Jules se montre adroit dans ses choix qui vont finir par lui changer son destin. Hélène, quant à elle, nous montre bien sa jeunesse d’esprit dans ses choix, mais disons qu’elle est aussi malmenée par sa famille.

Petit point négatif dans cette histoire, c’est que l’on sent bien cette coupure qu’à réaliser l’auteur dans l’écriture du roman. Entre détails d’intrigue expédiés, qui auraient bien mérités plus de développement, c’est surtout à cause du changement de point de vu qu’on se retrouve un peu malmené et perdu. C’est bien dommage, et on a comme un sentiment d’inachevé. Je tiens tout de même à signaler que l’on ressent la passion pour Stendhal pour l’Italie, et il nous livre des détails croustillants sur le banditisme à l’époque, les rébellions entre le peuple et les seigneurs, mais aussi de nombreuses scènes où il sait très bien nous tenir en émoi.

Mais il est vrai que j’ai surtout aimé redécouvrir cette histoire, ayant vu il y a quelques années une série italienne inspirée de ce roman, nommé Il Falco e la Colomba, soit La faucon et la colombe. Et il s’agit bien d’une libre interprétation, puisque la fin n’est pas du tout la même alors que le commencement de la série est plutôt fidèle au roman.

Classique, Livres

Littérature : Les grandes œuvres tout simplement de Collectif

Littérature : Les grandes oeuvres tout simplement de Collectif

Éditeur : Prisma
Pages : 352 pages
Parution : 13 Octobre 2016
Genre: Classique, Historique

 

L’histoire:

En quoi les contes des Mille et Une Nuits ont-ils influencé la littérature moderne? Pourquoi les écrits de Voltaire ont-ils bouleversé la société française du XVIIIe siècle ? Comment des auteurs aussi différents que Victor Hugo, Jane Austen ou Italo Calvino ont-ils contribué à faire évoluer le roman ? Ce livre passionnant se lit comme une épopée à travers des siècles de création littéraire, de l’Antiquité à nos jours. Pièces de théâtre, romans et poésies : une centaine d’œuvres majeures ont été retenues dans cet ouvrage pour leurs qualités esthétiques mais aussi l’influence qu’elles ont exercée sur la création littéraire postérieure. Parmi les auteurs figurent les génies incontestés de la littérature européenne – notamment française et anglaise – mais aussi les grands noms de la littérature étrangère contemporaine tels que le Colombien Gabriel Garcia Marquez ou le Japonais Haruki Murakami.

 

Mon avis:

Voici un ouvrage très intéressant pour ceux qui veulent en savoir plus sur la littérature, les grandes œuvres qui ont marqué une époque et leur contexte, ainsi que ses grands écrivains qu’on continue de lire aujourd’hui et au fil des siècles.

Ce livre est avant tout construit de manière chronologique, et on peut le voir comme une encyclopédie de la littérature. On commence ainsi notre voyage historique à partir de 3000 av. J-C. Hé oui un premier livre écrit avait déjà vu le jour, il s’agit de l’épopée de Gilgamesh (environ 2100 av. J-C). Dans cette première partie nommée « Héros et légendes », on découvre ses grands noms de personnages qui inspirent toujours la littérature moderne. Mais surtout on découvre dans quel contexte historique, ils ont vu le jour. On parle bien entendu de la poésie et du théâtre grecque, de la guerre de Troie, de la Rome antique… ou encore de grands noms comme Homère, Sophocle ou Aristote. De nombreuses illustrations et schémas sont présents pour nous expliquer au mieux chaque période, ce qui rend le livre très instructif et accessible. Des citations et des œuvres d’art dynamisent aussi le récit. En plus de voir ce livre comme une encyclopédie, on peut dire aussi qu’il enrichit notre culture générale, et nous rappelle des souvenirs de nos cours de français à l’école primaire ou au collège !

Information importante à souligner, il faut savoir qu’on nous fait des résumés de grands ouvrages littéraires, et par conséquent on se fait spoiler un peu l’histoire. Dans mon cas, je n’ai pas trouvé ça gênant. J’ai juste encore plus envie de mettre certains livres dans ma wish-list ! Alors forcément, avec un aussi gros pavé qui retrace la littérature début ses débuts, on a forcément des périodes ou des genres qu’on préfère, et c’est bien normal. Mais grâce à ce livre, la curiosité prime, et j’ai même envie de découvrir des livres qui, quelques jours avant ma lecture de cet ouvrage, m’aurait étonné de voir dans ma wish-list ! Il faut aussi savoir partir à l’aventure, et découvrir autre chose ! Et donc à la suite de la partie consacré aux « Héros et légendes », on retrouve « De la renaissance aux Lumières », puis « Le romantisme et l’essor du roman », « Peindre la réalité », « Rupture avec la tradition », « L’écriture d’après-guerre », et enfin « La littérature contemporaine ».

En bref, je dirais que ce livre est certes consacré à la littérature, mais on en oublie pas pour autant l’Histoire qui a marqué certains récits par les bouleversements économiques et sociaux qui ont engendré, ou les guerres, ou encore les épidémies. Un livre à avoir dans sa bibliothèque, pour le feuilleter encore et encore ! Une balade dans l’histoire de ses grands noms très enrichissante.

note 4,5 étoiles

Classique, Littérature française (France), Livres

« J’ai tellement envie de vous » : Lettres d’amour 1585-1610 de Henri IV

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Éditeur : Le livre de poche
Collection: La lettre et la plume
Pages : 352 pages
Parution : 7 Septembre 2011
Genre: Classique, Autobiographie

 

Synopsis:

Le bon roi Henri aimait tant les femmes qu’il faillit mettre sa couronne en péril pour les beaux yeux de ses maîtresses. Amant souvent trompé, mari toujours infidèle, les sentiments ne comptaient guère pour ce conquérant aussi intrépide au combat qu’à la poursuite de celles qui éveillaient ses sens.
La mort de la belle Gabrielle d’Estrées lui fit couler des larmes mais elles furent vite séchées par Henriette d’Entragues qu’il fit pratiquement cohabiter avec son épouse légitime, Marie de Médicis.
Dans cette correspondance qui couvre près de vingt-cinq années -des premières amours du jeune roi de Navarre à sa dernière idylle avec Charlotte de Montmorency, il se montre sentimental et libertin, maniant avec élégance l’humour, la malice et le mensonge.

 

Mon avis:

Dans ce recueil, on découvre les lettres du roi Henri IV écrite entre 1585 et 1610, à ses diverses maîtresses, mais aussi à ses épouses comme Marguerite de Valois, sa première épouse, ou Marie de Médicis.

A travers ses lettres, on suit aussi le parcours du roi, et les notes nous aident beaucoup à ne pas perdre le fil entre chaque histoire. On apprend beaucoup sur sa personne, un grand libertin connu, dont les familles nobles n’existaient à envoyer leurs filles dans le lit de ce dernier. On découvre aussi son caractère et ses réactions, des fois étonnantes, faces aux potins de la cours, ou de sa vie de souverain, ou dans sa vie de famille. Il est vrai qu’il est dommage, de ne pas avoir les réponses, il y a quand même près de 300 lettres. Heureusement que l’éditrice du livre est là pour nous apporter les détails, sinon on serait vite perdu. Il y a des lettres et des passages très intéressants, d’autres un peu redondants.

ça reste tout du moins un ouvrage très intéressant pour mieux connaitre le roi, ses pensées et ses agissements. Toutefois, il ne m’a pas transporté comme les autres ouvrages de la collection. Peut-être un peu trop long, même si, il faut le dire, il écrit très bien.

note 3 étoiles

Classique, Littérature anglaise (Angleterre), Livres

Avec vue sur l’Arno de Edward Morgan Forster

Avec vue sur l'Arno de Edward Morgan Forster

Éditeur : Robert Laffont
Pages : 368 pages
Parution : 9 Novembre 2017
Genre: Classique, Historique

 

L’histoire:

Lucy Honeychurch n’aurait jamais pu partir à la découverte de l’Italie comme toute jeune Anglaise de bonne famille sans la surveillance d’un chaperon zélé, sa cousine Charlotte. A leur arrivée à Florence, les deux voyageuses constatent avec dépit que la chambre qui leur a été réservée n’a pas de vue sur l’Arno. En violation de toutes les convenances, deux inconnus, M. Emerson et son fils George, leur proposent de leur échanger la leur qui, elle, donne sur le fleuve. L’attitude cavalière de George envers Lucy et le peu de résistance qu’elle lui oppose poussent Charlotte à décider d’abréger leur séjour. Mais le hasard va à nouveau réunir les Emerson et les Honeychurch, en Angleterre cette fois… Un roman délicieux sur l’éveil des sentiments et le poids des conventions sociales par un des maîtres de la littérature anglaise.

 

Mon avis:

Lucy Honeychurch, jeune fille de la haute société anglaise, est en voyage avec sa cousine, Charlotte Bartlett, qui se doit de la chaperonner. Logées dans une pension de famille en Italie, elles sont déçues de constater à leur arrivée, que leurs chambres ne donnent pas vue sur l’Arno, mais sur l’arrière du bâtiment et sur une petite cour pas très accueillante.
Mr Emerson et son fils, leurs proposent donc d’échanger leurs chambres, vu que les leurs donnent justement sur le fleuve. C’est ainsi que commence l’histoire de Lucy et du jeune George Emerson.

J’ai particulièrement apprécié les personnages de cette histoire, qui se déroule bien sûr en Italie, mais aussi en Angleterre. Lucy est l’exemple parfait des jeunes filles de l’époque, parfaitement éduquée par des discours formatés et rigides. Elle est assez naïve et timide, mais grâce à son grand cœur, elle arrive à avoir un esprit ouvert. Son voyage à Florence va être comme libérateur pour elle. Curieuse et intéressée par le monde qui l’entoure, c’est rempli d’une certaine assurance qu’elle va rentrer chez elle. Quelques péripéties se sont passées lors de son voyage, et ça ne va pas s’arrêter. C’est très intéressant de voir son évolution. En jeune femme moderne, elle hésite moins à défier les convenances du monde dans lequel elle vit. A ses côtés, George est clairement anti conventionnel, tout comme son père. Deux personnages tout aussi intéressants à suivre, en retrait du protocole et des convenances.

Ce roman est finalement une très belle romance, qui commence dans un cadre idyllique en plein Florence, et se poursuit dans ces paysages paisibles de la campagne anglaise, vers une passion naissante. Même s’il n’a pas été évident au début de rentrer dans l’histoire, ce fut tout de même un bon moment de lecture.

note 3,5 étoiles