Album, Jeunesse, Littérature française (France), Livres

La petite lectrice de Elodie Chambaud et Tristan Gion

La petite lectrice
de Elodie Chambaud, Tristan Gion

Éditeur : Gautier Languereau
Pages : 40 pages
Parution : 30 Septembre 2020
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Petite Princesse préfère les romans aux princes charmants. Toute la journée, elle reste enfermée dans sa tour pour dévorer des histoires par milliers.

Mais un jour, le royaume est en danger.

Parviendra-t-elle à le sauver ?

 

Mon avis:

La petite princesse est une jeune fille indépendante et qui passe ses journées à lire, au grand dam de ses parents. Cela inquiète le roi et la reine. Ils souhaitent lui assigner un prince charmant qui réglera le problème… Mais la petite princesse a plus d’un tour dans son sac et va les étonner.

Cette histoire se révèle très moderne, avec une touche de féminisme et casse les clichés et préjugés. Une jeune fille dans une tour qui sera secouru par le baiser d’un prince… Très peu pour la petite princesse qui a soif de liberté. Par ses nombreuses lectures, elle apprend beaucoup du monde qui l’entoure. Elle aura justement l’occasion de le démontrer tout en gagnant l’admiration de ses parents et des villageois.

Quel plaisir de découvrir cette jeune héroïne qui prône son désir d’émancipation et d’autonomie. Point besoin d’un prince pour gouverner un pays. La petite princesse montre qu’elle peut le faire seule. J’ai particulièrement aimé la référence à certains contes de fées, et surtout la présence des 7 nains dont l’action de la jeune fille m’a fait sourire. Je regrette juste la fin trop ouverte à mon goût.

Concernant les illustrations, elles sont purement magnifiques et ouvrent notre curiosité. J’ai passé plus de temps à les admirer qu’à lire le texte ! Il faut dire que l’histoire est très courte.

note 4,5 étoiles

Littérature française (France), Livres

Faut-il en finir avec les contes de fées ? de Jennifer Tamas

Faut-il en finir avec les contes de fées de Jennifer Tamas

Éditeur : de la Martinière
Pages : 32 pages
Parution : 12 avril 2014
Genre: Essai

 

L’histoire:

Après #MeToo, le baiser non consenti de la Belle au bois dormant n’est plus synonyme d’émerveillement, la Belle est victime du syndrome de Stockholm, et le Petit Chaperon rouge ne veut plus être défini par sa beauté. À revoir les films Disney de notre enfance, le constat est sans appel : les contes défendent les inégalités de genre. Les personnages féminins des contes de fées sont de jeunes femmes passives et un brin idiotes, tandis que leurs homologues masculins sont au contraire puissants et courageux. Mais est-ce aussi simple ? Doit-on nécessairement boycotter ces contes qui nous paraissent dépassés ? Ou peut-on déconstruire notre héritage ?

Dans ce texte, Jennifer Tamas nous montre que les contes de fées ne sont pas voués à être jetés, mais doivent être relus, revisités, car ils nous éclairent sur notre société actuelle. Tout en dressant un portrait des inégalités de genre présentes dans les contes, elle rappelle le rôle de la conteuse et nous fait découvrir des personnages féminins forts écrits par des femmes. À travers de nombreux exemples cultes, Jennifer Tamas nous invite à redécouvrir les contes et à en tirer des leçons, pour apprendre à mieux vivre ensemble.

 

Mon avis:

Vous devez commencer à connaitre ma passion pour ces récits courts et percutants que nous proposent les éditions de la Martinière. Chacun sur des sujets de société, ils nous donnent des bases pour nous faire notre propre avis. En fin d’ouvrage, des ressources nous permettre de poursuivent nos recherches.

Le nouveau sujet de discussion est les contes de fées. Bien qu’ils sont décriés par certain, ces récits ont toujours leur utilité. On a d’ailleurs oublié que les premiers contes ont été écrits par des femmes aux XVIIe siècle. A l’instar de HC Andersen, Charles Perrault et les frères Grimm, l’une des premières conteuses en France fut Madame de Murat. Elle utilisait ses écrits pour véhiculer des messages aux jeunes filles sur le mariage, le consentement sexuel, l’appréhension du corps de l’autre et même l’opacité de son propre désir.

On associe beaucoup trop souvent les contes des fées à Disney. Les œuvres originales qui ont inspiré ces dessins animés sont souvent bien différentes. (On peut tenir ce discours pour bien des adaptations). Très souvent, il existe plusieurs versions à une histoire, souvent écrite par des femmes et oubliées. On connait par exemple la version de La Belle et La Bête de Madame de Villeneuve qui nous propose une version engagée et offre des réflexions d’actualité. Mais savez-vous qu’il en hésite une pour Cendrillon écrite par une femme ? C’est Marie-Catherine d’Aulnoy qui en est l’auteure et l’héroïne est loin d’être soumise.

Autant dire qu’avec la lecture de cet essai, j’ai encore appris énormément sur les contes. Au fil de ma lecture, j’ai souvent pensé au livre « La psychanalyse des contes de fées » que j’ai lu il y a quelques années. Ce livre est aussi très intéressant. En tout cas, j’ai un certain nombre de contes à me procurer maintenant !

 

Les contes recèlent un secret : leur sens ne s’épuise jamais et évolue en fonction des âges de la vie. Ils sont comme des couvertures magiques qui nous enrobent et grandissent avec nous. Mais surtout, ils nous aident, tout simplement, à vivre ensemble.

 

note 4,5 étoiles

Littérature américaine (Etats-Unis), Livres

Le chevalier à l’armure rouillée de Robert Fisher

Le chevalier à l'armure rouillée de Robert Fisher

Éditeur : Ambre
Pages : 126 pages
Parution : 17 juin 2016
Genre: Conte, Développement personnel

 

L’histoire:

Il y a fort longtemps, un vaillant chevalier combattait les méchants, tuait des dragons et sauvait des demoiselles en détresse. Il se croyait bon, gentil et plein d’amour. Il était très fier de sa magnifique armure qui brillait de mille feux, et ne la quittait jamais, même pour dormir. Seulement, un beau jour, en voulant l’enlever, il se retrouva coincé… Ainsi commença pour lui une quête initiatique, à la recherche de sa véritable identité, au gré de rencontres insolites et d’épreuves riches d’enseignement. En parvenant au « Sommet de la Vérité », il deviendra alors ce qu’il n’avait jamais cessé d’être, un homme au cœur pur, libre de toute illusion et de peur.

Cette nouvelle quête du Graal, d’un humour délicieux, fait partie de ces « grands petits livres » comme Le Petit Prince et Jonathan Livinston le goéland. La limpidité, la profondeur du Chevalier à l’armure rouillée, qui parle au cœur et à l’âme, en font un conte d’une portée universelle.

Plus de 3 millions d’exemplaires vendus dans le monde.

 

Mon avis:

Depuis des années, le chevalier aime partir en croisade pour livrer bataille et être le meilleur de tout le royaume. De ce fait, il voit peu sa femme et son fils. Tellement en attente d’un autre exploit à accomplir, il finit par ne plus retirer son armure qu’il chérit tant. Son fils en vient à ne plus savoir à quoi il ressemble en vrai. Un jour, alors qu’il essaie de l’enlever à la demande de sa femme, il se retrouve coincé dedans. Finalement, ce n’est pas que son armure le problème… Il va devoir le découvrir à travers une belle épopée sur les terres de Merlin l’enchanteur.

Conte initiatique et philosophique, on suit le chevalier dans sa quête pour se retrouver. Il va devoir se rendre compte que son armure est plus que ce qu’elle parait de visu. Mais aussi écouter, prendre conscience du monde qui l’entoure… En soit, un grand parcours de développement personnel en plusieurs étapes l’attend. En plus du célèbre Merlin, le héros est accompagné par un écureuil et un pigeon, qui nous proposent des scènes bien comiques.

Au fil de cette aventure, on se retrouve nous même à se poser des questions sur notre parcours de vie, le tout dans un univers tellement humoristique et quelque peu loufoque. Le langage est très simple et le rend accessible à des enfants. Poétique et comportant aussi de nombreuses rimes, on passe un très bon moment avec notre chevalier qui s’est perdu et apprend à découvrir qui il est vraiment. Des messages plein de sagesse nous sont transmis au fur et à mesure, et il est vrai qu’à travers le personnage de Merlin l’enchanteur, c’est tout de suite plus convainquant !

Ce livre m’a été offert récemment. N’étant pas amatrice de développement personnel, le résumé et le titre de l’ouvrage m’ont tout de même séduit. J’en ressors ravie et je suis sûr que je vais même le relire. A savoir que les éditions Ambre ont une collection consacrée à ce genre d’ouvrage et dans le même style. Je serais bien tentée par un second !

note 4,5 étoiles

Bande dessinée, Littérature allemande (Allemagne), Littérature espagnole (Espagne), Livres

Les lutins et le cordonnier Jacob Grimm, Wilhelm Grimm, Martin Powell et Pedro Rodriguez

Éditeur : Emmanuel Proust
Pages : 31 pages
Parution : 10 Janvier 2013
Genre: Jeunesse

 

L’histoire:

Il était une fois un pauvre cordonnier… Il n’était pas riche, mais ses chaussures étaient les plus belles de la contrée… Tous lui enviaient sa générosité et sa bonne humeur. Jusqu’au jour où il n’eut plus de cuir. Le cordonnier et sa femme étaient désespérés, mais au matin, ils découvrirent dans l’atelier les deux plus belles paires de chaussures jamais réalisées ! Par quel miracle ?…

 

Mon avis:

Cela fait un moment que je n’ai pas lu une histoire commençant par « Il était une fois… » !

Avec ce conte des frères Grimm adapté en bande dessiné, on fait la connaissance d’Emerick. Il est cordonnier et adore son travail. Mais ses clients ne peuvent pas toujours le payer. Alors, il accepte volontiers de réceptionner des objets contre ses chaussures. Avec sa femme Frieda, ils les accueillent avec grand plaisir. Toutefois, cela n’aide pas à acheter de la nourriture et à payer le loyer. Bien entendu, un mystère va arriver et le jeune couple va devoir enquêter…

Bien que l’intrigue soit courte, elle est très bien construite. On ressent parfaitement les émotions. On s’émerveille avec Emerick et Frieda, qui sont tellement touchants. La révélation du mystère nous fait rigoler, ainsi que son origine.

Les illustrations sont aussi tout en douceur et tellement joyeuses. Elles collent parfaitement à l’univers.

En bref, un conte en bande dessinée qui est idéal pour un jeune public et qui communique de belles valeurs, comme la bienveillance.

Album, Classique, Jeunesse, Littérature ecossaise (Ecosse), Livres

Le vent dans les saules de Kenneth Grahame et Thibault Prugne

Éditeur : Albin Michel Jeunesse
Pages : 144 pages
Parution : 3 Novembre 2021
Genre: Jeunesse, Classique

.

L’histoire:

Imaginez une taupe, un rat, un crapaud et un blaireau, dans la campagne anglaise, au début du siècle dernier. Entre pique-niques et canotage, ce quatuor drôlement assorti nous tend le miroir d’une amitié parfaite. Mais quand le plus batracien d’entre eux se met à dérailler, c’est le groupe entier qui se retrouve embarqué…

Thibault Prugne, de son dessin qui en restitue le calme pastoral comme le souffle épique, nous donne à redécouvrir ce chef-d’œuvre de la littérature britannique.

Texte abrégé et remanié

.

Mon avis:

Le printemps est la saison du grand nettoyage. Taupe s’y attèle, tout en étant quelque peu distrait par la nature qui se réveille. Gambadant vers l’aventure, il croise sur son chemin un rat d’eau, avec qui il traverse la rivière. Une loutre se joint à l’escapade, ainsi qu’un vieux blaireau et un crapaud. Une nouvelle bande d’amis qui va vivre une histoire rocambolesque !

Sur les bords de la Tamise, qui est loin d’être un long fleuve tranquille, nos héros atypiques et aux caractères bien différents évoluent ensemble en compagnie d’autres villageois. Taupe est le naïf de la troupe, Rat l’optimiste et bon vivant, Loutre le père de famille, Blaireau est un peu bourru, et Crapaud est l’orgueilleux et le riche baron Tétard. Et c’est bien sûr ce dernier qui va mettre en danger ses amis, et créer un certain nombre de péripéties des plus folles aux plus imprudentes. Une histoire qui prône l’amitié et l’importante d’avoir des amis sur qui l’on peut compter.

Au fil de cette lecture, les personnages se révèlent attachants, sincères et parfois grotesques ! Des thématiques les plus simples sont abordées en plus de l’amitié. On y retrouve des parcours de vie, du bonheur, de la convivialité et les richesses de la nature. A noter, que les animaux agissent comme les humains et qu’ils se côtoient d’égal à égal. Cela m’a quelque peu déroutée au début. Autre point, l’histoire est essentiellement masculine.

Concernant les illustrations, autant dire que j’en ai pris plein les yeux ! J’ai grandement apprécié le travail précis et émotionnel réalisé, que ce soit pour les grandes illustrations en couleurs ou les petites aux crayons. Comme pour les autres tomes de cette collection, nous avons le droit à une présentation de l’illustrateur et à un descriptif d’une illustration étape par étape.

En bref, un super album au charme anglo-saxon qui nous offre une bouffée d’air frais !